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juillet 30, 2004

Les Francomteries

À compter du 4 août 2004, la troupe de théâtre L'école du soir présente un nouvel événement à Montréal: Les Francomteries 1ère édition. Cet événement est issu d'une collaboration avec la MJC Morteau (Franche-Comté - France) et L'école du soir.

Les Francomteries se veulent la contrepartie de la Biennale de théâtre de Morteau qui, à tous les deux ans, reçoit des artistes de Montréal et de l'Outaouais.

L'école du soir est une compagnie de théâtre à but non lucratif dont l'objectif communautaire est d'aider à recueillir des fonds pour les activités des élèves de diverses écoles de la région de Montréal et de la Rive-Sud. Les membres de la troupe croient à la valeur enrichissante d'activités spéciales durant l'année scolaire. Depuis 1997, la troupe a réussi à remettre plus de 25 000$ à diverses institutions scolaires. Le second objectif est de permettre à d'autres organismes d'utiliser les représentations théâtrales comme moyen de financement original.

La programmation des Francomteries de Montréal:

Toutes les représentations ont lieu au Petit Medley, 6206 rue St-Hubert (angle Bellechasse) à Montréal.

Le mercredi 4 août 2004 - 20h

Théâtre (Montréal) - 3 courtes pièces (3 folies en 1 acte)

Admission générale: 8$ - Laissez-passer pour les 4 soirs: 16$

Le jeudi 5 août 2004 - 20h

Vincent de Chassey (France) chante Vincent de Chassey et Georges Brassens

Admission générale: 8$ - Laissez-passer pour les 4 soirs: 16$

Le vendredi 6 août 2004 - 20h

Théâtre de Morteau (France) - "Premier Jet" de Vincent de Chassey

Admission générale: 8$ - Laissez-passer pour les 4 soirs: 16$

Le samedi 7 août 2004 - 20h

Musique - Guy Perreault (Outaouais) et Les Voix Publiques (Montréal)

Admission générale: 8$ - Laissez-passer pour les 4 soirs: 16$

Source et renseignements:

Jacques Désy (514) 495-9118

Réservations:

(514) 495-9118 / (514) 381-9421

Réseau Admission: (514) 790-1245 - www.admission.com

juillet 29, 2004

160 000 dollars mal utilisés

Voici la copie d'un texte que nous avons fait parvenir à Serge Losique pour témoigner de notre support au Festival que son équipe, Danièle Cauchard et lui organisent annuellement. Il est évident que vous constaterez que nous trouvons inappropriées toutes ces études, enquêtes pour des constats d'un élémentarisme simplificateur. Il y a tellement de grossier dans cette dernière charge de ces cavaliers de la rectitude et du détournement.

160 000$ ont été détournés pour produire un ramassis de lieux communs et de conclusions toutes plus biaisantes les unes que les autres, des lapalissades, des obligations contractuelles. Encore une fois on nous ressort le malaise de ce fameux milieu: qu'est-ce qu'un milieu si ce n'est un vague concept statistique.

C'est aussi une façon de nier la présence de ceux qui ne sont pas friands des cocktails comme critère d'excellence, de succès. Nous croyons que cet événement est un peu comme une oeuvre de création: gageons que sans étude, enquête, analyse, complot nous pourrions convenir qu'il y a place à certaines améliorations.

Oui le FFM n'est pas au service ou à la solde du milieu; mais il est un lieu où les différents milieux, avec leur genre, leurs lubies, leur appartenance, leur responsabilité, leurs oeuvres, peuvent s'exprimer et partager.

Il est un lieu de partage parce qu'il sait rassembler des gens pour des cérémonies cinématographiques respectueuses des oeuvres et non au service d'une société du spectacle qui détourne tout ce qui existe pour grandir son image et se complaire dans la célébration du vedettariat comme seule valeur, avec des produits tellement populaires pour se mettre au niveau du spectateur qu'ils trouvent tellement con.

Il est sûrement plus transparent que ces groupes, sociétés et/ou individus qui ont commandité la sharia. Combien de "milieux" a-t-on niés, camouflés, fait disparaître pour constituer ce fameux "milieu" qui depuis quelques lustres a cautionné les changements de mandats excluant combien de "milieux" et désespérant combien d'auteur-e-s pour favoriser les groupes corporatifs, spéculatifs et boursicotteurs?

Le FFM c'est un peu comme le messager qui nous apporte les nouvelles d'ailleurs, pas juste les cacatisation des grands groupes de presse tous synergisés ou en perpétuelle convergence pour créer un état de flou nous empêchant de voir, d'écouter, d'entendre.

Il y a sûrement des produits de l'industrie qui sont offerts dans ce grand festin. Mais pour combien d'oeuvres marquantes, touchantes, révélatrices des us et coutumes de tous ces camarades hommes, femmes et autres qui errent sur cette terre.

Nous avons donc en présence des commanditaires, un commandité et des complices dont le mandat est très évident: faire plébiciser, par les cacateurs officiels, la nécesssité d'accepter leurs prémisses grâce aux conclusions et recommandations de ces mercenaires.

Qui de son travail peut le plus revendiquer un certain succès? Le Festival ou les organismes qui annuellement, à coups de programmes, de réglementations, de comités, d'enquêtes fomentent en catimini pour tenter régler leur complexe d'Oedipe: assassiner le créateur d'oeuvres qui les a mis au monde?

Ces textes vous sont donnés comme outil de réflexion.

Merci d'avoir pris connaissance et fait savoir à qui de droit ce que vous pensez de cette situation.

Serge Gagné et Jean Gagné

juillet 28, 2004

Lettre ouverte à Gilles Proulx

28 Juillet 2004

St-Gabriel de Brandon

M Proulx,

Je vais tenter de conserver une certaine convenance mais ce sera difficile. Vous serait-il possible lorsque vous invitez quelqu'un qui ne partage pas votre idéologie de vous la fermer ????? Peut-être seriez vous alors en mesure de faire croître votre capacité de compréhension et d'analyse des choses tant politiques que sociales.

Allègrement vous êtes toujours à favoriser la représentation du ''fiscaleux'' Yvon Cyrenne , le penseur des ''paradis fiscaux'' que sont les Cités péquistes à Landry ou encore les exposés de l'économiteux Pierre Fortin ou n'importe quel bandit intellectuel cravaté du même genre. Cependant vous vous appliquez à bloquer systématiquement l'argumentation d'un Léo Paul Lauzon par exemple. Pourquoi inviter quiconque ne partageant pas votre opinion si vous intervenez constamment afin de diluer les chances qu'ont ceux-ci de vous démontrer votre incompétence crasse?

Lorsque vous vous demandez quels sont les services pouvant justifier notre supposé championnat de taxation , on pourrait peut-être vous répondre que notre système de santé en est un malgré ses défaillances . Et malgré votre acharnement à tout vouloir débâtir pour ''désimpôtiser'' votre salaire o' combien mérité (?), serait-ce trop vous demander d'avoir au moins l'honnêteté intellectuelle d'avouer que si cafouillage il y a en santé, c'est justement en partie le résultat des coupures budgétaires ayant entraîné l'évacuation de plus de 17,000 travailleur(se)s lors de l'épisode schizophrénique du déficit zéro? Mais dans votre cas espérer un peu d'honnêteté.......

Et en éducation , notre système est tout de même pas complètement pourri et à ce que je sache , ici au Québec , nous instruire coûte une fraction de ce qu'il en coûte en Ontario ou au USA ! Ceci favorise nombre d'individus en terme de possibilités de s'instruire et tout cela en continuant à subventionner à plus de 60% les écoles privées. Mais de cela vous ne voulez pas que l'on en parle. Vous qui brailliez dans le passé contre la main-mise anglophone sur l'économie du Québec , vous voilà maintenant devenu le pantin braillard par lequel le Québec Inc cherche à étendre et défendre ses visées néo-libérales.

Vous avez tourné en dérision dernièrement la vérité qui est celle que les impôts des entreprises ne représentent plus que 15% de l'assiette fiscale alors que dans les années '60 ils représentaient presque 50% . J'imagine qu'au niveau où se situe votre esprit de justice et d'équité cette réalité ne représente qu'une simple ''normalité'' statistiques incontournable envers laquelle nous devrions nous prosterner sans réagir.

Allez donc voir les américains ailleurs qu'à Las Vegas et demandez leur s'ils préféreraient un système de santé comme le nôtre malgré ses cafouillages et ses attentes ou bien un système meurtrier comme ils ont présentement ?! Système qui exclus 40 millions d'individus à TOUTE possibilité de se faire soigner gratuitement car trop pauvres pour se payer des assurances. (Pourtant une récente étude rendue publique par le New England Médecine Journal, Américaine par surcroît, nous apprends que si les USA appliquaient chez eux un système de santé similaire au nôtre, ils épargneraient, $200 Milliards annuellement .)Dès que tu traverses la frontière et qu'au cours d'une conversation avec un américain tu lui mentionnes qu'on est au Québec à jongler avec l'idée de privatiser certains secteurs, on se fait traiter carrément de caves!

Allez voir les Ontariens et demandez à leurs étudiants s'ils ne désireraient pas un système d'éducation où l'accessibilité serait comparable à la nôtre? Comparez avec ces mêmes Ontariens nos tarifs d'électricité respectifs.

Allez demander aux individus du Nouveau Brunswick et d'Alberta ou encore de la Colombie Britannique si notre régime d'assurance automobile ne leur fait pas envie?

Allez comptabiliser l'horreur que représente le nombre d'individus étant considérés comme sans-abris en Alberta et en Ontario suite aux coupures de BS de ces provinces en comparaison avec les chiffres du Québec!

Désolé mais , chaque jour , je m'enrage à vous regarder polluer l'intelligence de votre auditoire . Vous représentez M Proulx ce dont j'ai le plus honte d'avoir comme compatriote québécois. Vous êtes ce que je méprise le plus. Vous êtes l'égoïsme à l'état pur. Un égoïsme crasse , démobilisant , inconstructif et par voie de conséquence, destructeur. Est -ce là la forme de distinction d'où trouve naissance votre obsession à défendre votre prétention que nous soyons un peuple distinct?

Je vous suggère de lire attentivement les quelques lignes qui suivront, ne serait-ce que pour vous instruire car il me semble que vous en ayez grandement besoin si je tiens compte de votre ignorance de ce qui est disponible comme emplois au Québec. Le fait de savoir de quoi l'on parle aide toujours à paraître intelligent quand on se permet de faire des affirmations à même lesquelles se nourrissent nombre d'auditeurs.

Connaître c'est comprendre. Ignorer c'est dire n'importe quoi.... ce que vous faites quotidiennement.

… Il y aurait, selon un recensement auquel s'est référé dernièrement le gouvernement lui-même, 60,000 emplois de disponibles au Québec, ce qui inclus les emplois à temps partiels, à statuts précaires et ceux à commissions etc. Donc à partir de ce constat , j'aimerais que vous veniez me dire comment vous pouvez espérer obliger plus de 400,000 BS à se trouver des jobs alors qu'à ce chiffre déjà exorbitant nous devons ajouter les chômeurs, les sans chèques, les nouveaux arrivant sortant de nos écoles à chaque trimestre ainsi que ceux et celles oeuvrant déjà à titre d'esclaves à temps partiel au salaire minimum se cherchant eux et elles aussi un autre emploi leur permettant de vivre et non pas seulement exister? Selon les experts , on évalue à 1 million le nombre d'individus à la recherche d'emplois ce qui, pour qui sait compter , nous donne un ratio de 17 travailleurs pour 1 seule ''job'' .

Les USA , pays dont les mesures ''désocialisantes'' semblent vous faire orgasmer est le plus bel exemple démontrant vers quel genre de société mène une croissance de pauvreté. Je partagerai donc avec vous, Puisque de mon coté je ne suis pas égoïste je partagerai donc avec vous les quelques chiffres , statistiques ou informations suivantes qu'aurait pu vous fournir n'importe quel recherchiste digne de ce nom :

… Alors que la population totale des États-Unis représente seulement 5 % de la population mondiale, 25% de tous les prisonniers de la planète sont incarcérés aux États-Unis. C'est bon vivre aux USA hein?

… En 1993 seulement on avait recensé le nombre incroyable de 1,369,884 individus incarcérés aux USA. Si on ajoute à ces chiffres ceux révélant que 671,000 individus étaient libérés sur paroles et que 2,843,000 autres étaient en période de probation nous en arrivons à un total de 4,883,884 personnes qui sont sous supervision judiciaire. Et depuis ces chiffres sont en hausse, pour 2003 on parle de 6,9 millions d'individus sous supervision judiciaire. Quand on prend les chiffres de 93 et qu'on ne tient compte que de ceux reflétant les individus incarcérés en permanence ont en arrive à une révélation hallucinante, celle qu'aux USA il y à 528 individus en prison pour chaque 100,000 habitants. Les chiffres de 2003 quant à eux révèlent l'invraisemblance qu'une personne sur 32 aux States est sous le contrôle de l'appareil judiciare. Comme dirait Elvis Gratton : "estie qu'ils l'ont l'affaire les amaricains" !

Quelques autres statistiques ''états-uniennes'' qui sauront sûrement vous faire bander....

… Le pourcentage de ceux qui gagnent MOINS que 75% du seuil de la pauvreté est passé de 9,1 % à ,,,, 14,1 %.

… Les 20% les plus pauvres n'ont vu leur pauvreté que s'accentuer depuis vingt ans.

… Une proportion aussi incroyable qu'inacceptable de 40% des personnes pauvres ont un revenu inférieur de moitié à ce qu'on établit comme seuil de pauvreté.

… Le pourcentage de ceux dont les revenus procurés par un emploi les situant en dessous du seuil de la pauvreté à augmenter considérablement. De 23,7% qu'il était en 1973, il a augmenté à un ronflant 30,6%.

… 30% des américains détiennent des emplois qui ne sont pas réguliers et à temps plein.

… Les travailleurs protégés par un régime d'assurance-santé payé par les employeurs sont en baisse de 7,6% depuis 1979 et cette baisse s'est concentré chez les travailleurs les moins bien rémunérés.

… Seulement les deux tiers des travailleurs licenciés trouvent un emploi dans l'année qui suit leur congédiement et quand ils en trouvent c'est en acceptant une importante diminution de salaire.

… Depuis 1973 le produit intérieur brut par habitant (méthode frauduleuse de calculer la richesse individuelle qu'est censé pourvoir la croissance), a augmenté de 33%. Ce pourcentage démontre l'ampleur de la richesse générale réelle qu'a généré la croissance économique de ce pays, mais ce qu'on se plaît à cacher c'est que durant cette même période, si on exclut le salaire de ceux qui ont des postes de directions, les salaires bruts consentis aux travailleurs ont diminué de 19% à l'échelle de ce grandiose exemple d'exploitation coast to coast.

… Le salaire moyen aux États-Unis, si on exclut toujours le salaire des PDG et autres trous-de-cul qui s'exercent à foutre les travailleurs à la portes, n'est que de $258. ƒƒ par semaine.

… 7,900,000 travailleurs américains expriment leur amour du travail dans deux ou plusieurs emplois en même temps n'ayant d'autre choix afin de boucler leurs fins de mois. Pour vous c'est cela le rêve américain?

… Le taux de syndicalisation est passé de 20% à seulement 10%, à partir des chiffres plus haut mentionné, ne pas être syndiqué ça aide à se faire exploiter toujours un peu plus.

… Dans une étude parue en 1998, nous pouvions lire que les 10% d'américains les plus riches s'accaparaient 76% de la richesse nette, et de ceux-ci, 1% seulement va jusqu'à détenir plus de la moitié de toute la richesse. C'est en regardant ces chiffres que l'on arrive à comprendre pourquoi tout le gratin financier d'ici veut s'aligner sur la façon de faire américaine. N'ayez crainte , nos chiffres se comparent aux leurs.

… Seulement qu'en janvier 2002 les entreprises américaines ont réalisé 2146 plans de restructurations, ce qui d'après le Département du Travail, à mener à la disparition de 263,821 emplois. L'année 2001 à été jusqu'à présent une année record en terme de pertes d'emplois. En effet, les entreprises ont supprimé trois fois plus d'emplois qu'en 2000, soit près de 2 millions d'emplois.

… En six ans, au moins 2300 sites de productions sont disparus des Etats-Unis afin d'aller exploiter légalement la misère humaine du Mexique.

… Au Mexique, la bébelle de riches qu'est le libre-échange à mener tenez vous bien, 3 millions de producteurs agricoles et 28,000 PME mexicaines en faillite. Les salaires ont subi une baisse de l'ordre de 23%.

… Ceux qu'on nous présente comme de grandes réussites américaines et/ou internationales ne se gênent nullement d'aller exploiter les populations pauvres à l'échelle planétaire. Le South China Morning Post, le 25 août 2000 nous révélait que la majorité des 400 travailleurs qui produisaient les jeux dont se sert McDonald's pour ses Joyeux Festins, n'ont même pas encore 14ans. La journée de travail typique de ces enfants est de 16 heures, et ce tous les jours de la semaine et ils dorment, entassés, dans des chambres de 18 mètres carrés, sans services sanitaires, sur des lits sans matelas. Ils ne disposent que de deux jours de congé par mois. La fabrique City Toys est située dans les environs de Shenzhen dans le sud de la Chine. Lors de cette enquête, les jeunes se sont plaints de problèmes de santé généralisés, soit ; des crampes, des douleurs à la poitrine, des maux d'estomac et de tête, des étourdissements permanents ainsi que des infections bronco- pulmonaires et des diarrhées et des parasites. Et dire que cette compagnie qui s'enrichit dans la graisse à patates frites et dans les boulettes de viandes ''cholestérolisées'' dirige sa publicité directement vers une clientèle de jeunes enfants. C'est tout simplement ÉCOEURANT ! Et pis après ça vient se présenter comme philanthrope avec le Grand Mc Don ! Philanthropie mon cul...

… Je pourrais vous parler aussi d'entreprises américaines qui au Nicaragua exploitent les jeunes travailleuses en les faisant travailler,,,14 heures par jour tout en les payant $1.77 par jour. Les travailleurs, une fois entrés dans les usines voient les portes de celles-ci être verrouillées et dehors des clôtures de barbelé encerclent les usines avec des gardes armés surveillant les allées et venues tout autour de ces usines. Et dire que ça ose feindre l'incompréhension quand une couple d'avions se plantent dans des gratte-ciel?! Désolé mais mon indignation et mes larmes je les réservent pour ce qu'engendre le terrorisme économique américain à l'échelle planétaire.

… Dans The Guardian, Andrew Osborn nous apprenait le 23 novembre 2000 que le Parlement Européen avait entendu la veille un rapport selon lequel et je cite : ''des ouvriers d'usines indonésiennes fabriquant des vêtements pour des entreprises géantes étaient soumis aux heures supplémentaires obligatoires, à de l'abus physique et soumis à des salaires de misère. Les ouvriers ne gagnaient même pas un dollars par jour. Le rapport de cette enquête portait sur l'usine de Tuntex (1700 employées) à Jakarta ainsi que Tainan et Nikomas Gemilang. On y parle aussi d'harcelement sexuel généralisé, d'abus verbal et physique.''

… Le National Labor Committee lui nous apprenait que les travailleurs haïtiens reçoivent 7 cents pour chaque pyjama Pocahontas (Disney) cousu, ce pyjama sera ensuite vendu $11.97 dans les Wal-Mart. Ces salaires représentent entre 0,5 et 1% du prix de vente des pyjamas. Les quatre derniers paragraphes représentent le fantasme du patronat québécois en terme de possibilité d'utilisation et de coût que devrait représenté la main d'úuvre québécoise. Gilles Taillon, un autre de vos bons amis, se titille à grands coups de poignets les hormones patronales chaque soir en lisant pareils chiffres.

… Alors que George.W.Bush part en chasse contre ce qu'il prétend être des terroristes, Amnistie Internationale elle, cible les États-Unis comme étant un endroit où les droits de l'homme sont bafoués.

… Alors que l'on se prépare à nous vider de nos ressources hydrique afin d'enrichir quelques riches obscurs et de satisfaire les exigences de nos chers voisins du Sud qui, déjà, pompent notre pétrole, lisez bien ceci : Alors qu'ils représentent à peine 5% de la population mondiale, les États-Unis consomment plus de 20% de toute l'énergie de la planète. En Californie, on affirme ouvertement que d'ici 20 ans , le manque d'eau potable pour cet État seulement , équivaudra à la demande présente tellement on la gaspille . On ajoute que leur bon voisin du Nord en a à la tonne de l'eau potable et qu'il devra bien leur en pourvoir. Pourquoi croyez vous qu'on se prépare non pas seulement à mettre des compteurs sur nos robinets, ceci n'étant que la phase 1, mais bien à tout mettre en place pour la vente d'eau en vrac.

Pour en revenir au fait, (dont vous en défendez la pertinence) que les entreprises ne paient presque pas d'impôts . Si vous étiez capable de vous la fermer , peut-être que Lauzon aurait pu vous apprendre que , si l'on prends seulement les 20 plus gros reports d'impôts au Québec , ça totalise la somme incroyable de plus de 11 Milliards de $$$$$$$ dont se prive le gouvernement . Au fédéral c'est encore pire, on parle de plus de $19Milliards . Et on ne parle toujours ici que des 20 plus gros. Ça c'est des vrais gros BS mon chez môssieur! Mais comme votre propre ex-employeur COGECO fait parti du lot, vous préférez vous faire ponctuellement sourd et aveugle!

En plus de ne pas payez leurs impôts ces gros crisse de ''téteux'' du système nous les subventionnons à même nos propres impôts ,,,,,, une vraie farce. De ça je vous entends jamais chialer ! Plus facile ''blaster'' un BS. Pis ne venez pas me dire que tout ça crée de l'emploi! De la bullshit ! Juste de la maudite bullshit!

À titre d'exemple faisons un retour en arrière. Pauline Marois n'avait même pas eu le temps de revenir se soulager dans ses toilettes silencieuses suite à son annonce que Bombardier allait créer 400 emplois dans le paradis fiscal à Mirabel que nous apprenions que ce même Bombardier scrappait 1300 emplois dans ses ''centres de prestations d'actionnaires'' subventionnées full-pin! Ça mon cher môssieur c'est du terrorisme fiscal exercé à même les impôts des contribuables!  tre kamikaze, je sais où j'irais me crasher en premier....

Tout votre charabia perpétuel sur le dos des BS , des syndicats et quoi encore relevant du petit monde enfin ceux qui finalement paient votre salaire et vous assure à VOUS une belle retraite loin de toute possibilité de restriction aucune, tout cela et le reste font de vous ,,,, l'un des pires exemples en terme de capacité d'analyse impartiale. À part votre grande gueule, rien chez vous ne m'apparaît autrement que petit. En fait , vous êtes plus que ''petit''. Vous êtes ''cheap''.

Et dire que vous serez encore là à nous solliciter accompagné de votre nationalisme nécrosé lors de la prochaine Grande Guignolée . Se résumera à aussi peu la grandeur de votre contribution à la société québécoise. Contribution se limitant dans sa définition à vous pavaner à la télévision et ailleurs, vêtu de vos faux habits crasseux de bouffons philanthropiques . Triste camouflage hypocrite de votre bourgeoisie suffisante, puante et quêteuse, qui , le temps de quelques jours , vous permettra d'être la caricature de ce que vous ne serez jamais : un être capable de compassion et désireux de poser un regard honnête sur la misère qui est à s'étendre à vos pieds.

Renversant mais combien représentatif de votre logique : Que le petit monde aide le petit monde. Quant aux riches, entre eux et avec la complicité nos élus, leurs valets de service, de même que la vôtre, ils s'arrangent déjà assez bien merci !

En guise de conclusion, je vous réitère mon ardent désir de débattre avec vous n'importe quand, en onde ou ailleurs, sur l'appauvrissement continuel de la population. Mais je sais d'avance, qu'une fois de plus, vous n'aurez pas le courage d'accepter. Votre niveau d'intelligence quoique faible est tout de même suffisant pour vous permettre d'arriver à deviner cette certitude : vous ne m'intimidez pas une maudite minute donc, vous ne me ferez pas fermer la gueule quand bon vous semble et je profiterais de cette occasion pour instruire cette même population du pourquoi et surtout afin de favoriser QUI celle-ci se retrouve dans l'obligation d'accepter un modernisme aux allures moyen-âgeuses en terme de prolifération d'insécurité généralisée. En votre qualité d'historien , vous devriez pourtant savoir à quel point la population s'en trouvera négativement affectée.

Mais quand on est seulement capable de conjuguer à la première personne du singulier le verbe vouloir, l'histoire on n'en retient bien que ce que l'on veut.

Permettez-moi de conclure sans aucune forme de salutation. Je ne salue jamais les volatiles de la basse-cours, encore moins les résidents de porcherie...........

Pierre Gravel

Porte-parole du Front commun des citoyens de Berthier

gravel_pierre@hotmail.com

Géographie 101 de CNN

cnn.jpg

J'espère que les riches auditeurs de CNN en connaissent plus en géo que la fameuse chaîne de nouvelles sinon ils risquent d'avoir de la difficulté à retrouver leurs gros comptes suisses.

Merci à menoum.com pour la photo.

juillet 27, 2004

Deux poids, deux mesures

Santé Canada pourrait retirer l'homologation de la citronnelle comme chasse-moustique sous prétexte qu'aucune étude ne prouve hors de tout doute qu'elle n'est pas dangereuse pour la santé humaine. N'est-il pas plutôt intéressant de constater que la même logique ne s'applique pas aux OGM ? Comment se fait-il aussi que Santé Canada ne voit aucune contrainte à l'utilisation du DEET comme chasse-moustique alors qu'il s'agit en premier lieu d'un solvant de plastique qui n'hésite pas à faire fondre le fil de pêche du pêcheur qui s'est préalablement badigeonné avec pour chasser les moustique ?

juillet 24, 2004

Quand l'antipathie devient aveuglement

Suite aux commentaires que j'ai reçus en réaction à mon texte Plaidoyer pour Bush, j'ai été amenée à réfléchir sur la tendance que nous avons à diaboliser cette administration. Ironique quand c'est exactement l'une des choses que nous leur reprochons vis-à-vis du monde arabo-musulman.

Cette tendance à départager le monde en 2 camps (les pro-Bush et les anti-Bush) nuit à l'objectivité et empêche toute subtilité dans l'analyse dans une situation qui est pourtant particulièrement complexe.

Je vais mettre tout de suite les choses au point et annoncer mes couleurs: je ne suis absolument pas d'accord avec la manière dont l'administration Bush agit depuis qu'elle est au pouvoir. J'étais parmi les 200,000 manifestants anti-guerre à Berlin le 15 février 2003 et j'ai participé à celles qui se sont tenues à Hambourg où j'habite.

Comme chez beaucoup de gens, le 11 septembre a provoqué en moi une réaction mitigée: je plaignais l'Amérique et ses victimes tout en me disant que ce n'était guère surprenant vu la politique étrangère qu'ils mènent et ce, depuis bien avant l'administration Bush. Ces événements ont eu un effet inattendu sur moi: étant loin des miens, je me suis sentie encore plus isolée parmi ces européens habitués au terrorisme et qui se sont vite remis du choc. De plus, comme mon allemand est des plus rudimentaire, il m'était difficile de suivre l'actualité de la manière dont j'étais habituée, c'est-à-dire la télé. Pour calmer ma panique, j'avais besoin de comprendre et je me suis donc tournée vers les journaux et les autres médias disponibles sur Internet.

Un monde aux arcanes mystérieuses et compliquées s'est ouvert à moi. Plus je lisais, regardais et écoutais, plus je découvrais que rien n'est aussi simple qu'il n'y parait. Jusqu'ici, je n'avais suivi les actualités qu'en téléspectatrice distraite par ses petits problèmes quotidiens; après le 11 septembre, je suis devenue une passionnée de la géopolitique. Mordue dès le début de mes recherches, j'ai commencé à consulter des sources différentes, qu'elles soient européennes, canadiennes ou alternatives venant de divers horizons et ce, afin d'obtenir un éventail le plus large possible de points de vue. J'ai aussi discuté avec mes collègues et amis dont plusieurs sont d'origine étrangère (syrienne, hindoue, russe, etc).

Ce qui m'a surpris le plus, c'est de me rendre compte que, s'il est facile de pointer les Américains du doigt comme étant les principaux responsables du chaos actuel, beaucoup de pays y ont participé en sous-main. Et je ne parle pas uniquement des "fameux alliés" de la guerre d'Irak! Je pourrais citer ici la France dont tout le monde (moi la première!) a applaudi le positionnement à l'ONU et qui a longuement entrenu de bonnes relations avec Saddam et qui lui a vendu de l'armement, tout comme l'Allemagne d'ailleurs. Dites-vous bien que derrière les belles paroles pacifistes de Dominique de Villepin à l'ONU se cachaient aussi des impératifs purement économiques: Total Fina Elf, la multinationale pétrolière française avait peur de voir les contrats qu'elle avait signés avec Saddam devenir caducs si celui-ci était détrôné.

De même, l'attitude longuement ambigüe de Canada signifie peut-être un "patinage de fantaisie" pour brouiller les cartes d'une réalité très éloignée de l'interprétation officielle. Cela n'est pas sans rappeller notre position face à la guerre du Vietnam, ce qui soulève des doutes quant à notre implication effective. (Sur ce sujet, voir le dossier interactif de Radio-Canada intitulé Le Canada et la guerre du Vietnam: drôle de diplomatie" et en particulier | | Comments (2) | TrackBacks (0)

juillet 23, 2004

Les mensonges de Vicente Fox

En Amérique du Nord, nous avons été récemment blasés par la classe politique suite aux mensonges répétés des chantres du néolibéralismes, surtout des politiciens qui entretiennent des liens incestueux avec les mégacorporations. Au Canada Paul Martin a menti sur toute la ligne concernant ses affaires personnelles de magouilles d'évasion fiscale et on Canada Steamship Lines, ainsi que sur la Caisse de l'Assurance-emploi. Aux États-Unis, BushCo. (mononc' Cheney et les sbires Rice, Powell, Ashcroft) ont menti sur les raisons derrière l'invasion de l'Iraq, qui a coûté jusqu'ici 100 milliards de dollars.

Le Mexique, membre en règle de l'ALENA car avec ce traité les Amerloques et nous autres Canayens pouvont profiter d'une main-d'oeuvre bon marché pour les jobs que les Blancs veulent pas faire eux-mêmes, que ce soit ici ou au Mexique, n'échappe pas à la tendance aux mégacorpos et à ses achetés de mentir à la face du peuple.

Après l'Or noir, l'Avenir sombre

Vicente Fox, ex-dirigeant de Coca-Cola, cette firme d'hydro-caramboleurs, est empêtré dans un scandale impliquant son gouvernement et celui des États-Unis. En effet, les Mexicains ont appris à leur grande horreur que le gouvernement qui est supposé les servir puise dans les réserves nationales de pétrole afin de les vendre aux États-Unis. Non seulement un baril de ce pétrole est-il vendu à un prix inférieur que le cours international mais il est aussi vendu à un prix inférieur au tarif domestique. Donc, les Mexicains paient leur pétrole plus cher que les Américains. Les réserves nationales avaient été estimées, avant l'éclatement du scandale, à 26 ans. Maintenant les estimations les plus prudentes font état de 11 ans... Que va-t-il se passer dans 11 ans lorsque les réserves nationales seront épuisées? Le Mexique a un important parc automobile et Mexico Ciudad n'est pas une des plus organisées en matière d'alternatives à l'essence. Ajoutons à cela la menace imminente de manque d'eau dans une mégapole de près de 30 millions. Et, qui a travaillé pour un des plus gros voleurs d'eau de la planète...?

L'Histoire mexicaine revue et corrigée

Le ministère de l'éducation du Mexique souffre cruellement de sous-financement (comme un peu partout en Amérique) et une des décisions récentes du gouvernement de Fox, pour soi-disant "économiser de l'argent" a été de faire démarrer l'Histoire du Mexique à la date arbitraire de, mettons, 1500 AD. Ainsi, les nouveaux élèves qui suivront l'Histoire du merveilleux pays de los Estados Unidos Mexicanos ne verront-ils pas mention des merveilles des civilisations aztèque, olmèque, toltèque et maya qui ont précédé l'arrivée des Conquistadors espagnols.

juillet 22, 2004

The Communists had Pravda, Republicans have FOX

The Communists had PRAVDA
Republicans have FOX

Nouvelle campagne de l'organisme MoveOn.org.

"Les communistes avaient la Pravda, les républicains ont FOX."

Cette campagne dénonce la vision radicalement de droite du réseau FOX, sa sélection d'invités, la teneur des propos tenus sur ses ondes, et même les directives internes de la direction.

L'affiche de cette campagne a été publiée en pleine page dans le New York Times, cette semaine. De quoi lancer une discussion plus qu'intéressante chez nos "voisins du sud".

Les avantages collatéraux

Pour me faire pardonner mon entrée précédente peut-être, mais sûrement pour nous aider à prendre conscience de la complexité de la géopolitique...

L'aspect positif (car il y a de quoi faire des cauchemars en lisant ce texte!): la démocratie existe encore malgré tout ce qui peut sembler prouver le contraire. Sinon, comment serait-il possible de publier ces faits?

Pour ceux et celles qui maîtrisent bien la langue de Shakespeare, vous pouvez passer directement au texte original sur Guerillanews, un site incontournable pour les amateurs de nouvelles alternatives!

Pour ceux et celles qui lisent toujours, je vais tenter de résumer de mon mieux le contenu d'une entrevue avec l'auteur d'un livre choc The Iron Triangle: Inside the secret world of the Carlyle Group (Le triangle de fer: dans le monde secret du Carlyle Group) et The Halliburton Agenda (dois-je vraiment traduire?). Avant de débuter, il est important de préciser que l'auteur, Dan Briody est un journaliste chevronné dont la réputation n'est plus à faire et que l'on ne peut taxer de conspirationniste.

Origines du Carlyle Group

Le Carlyle Group a profité d'une faille dans le système fiscal américain surnommée "la grande escroquerie fiscale esquimaude". La loi disait que les compagnies gérées par les inuits pouvaient vendre leurs pertes à d'autres compagnies lesquelles pouvaient ensuite déduire ces pertes de leurs propres rapports d'impôts. Je n'entrerai pas dans les détails mais 2 hommes bien connus du milieu des affaires américain virent immédiatement l'opportunité et engrangèrent des profits faramineux grâce à cette combine. Ils avaient l'habitude de se rencontrer au Carlyle Hotel de New-York et, quand ils décidèrent de fonder une compagnie, ils adoptèrent ce nom qui sonnait plutôt aristocratique.

Leur nouveau bébé joue un rôle qui s'apparente à celui des sociétés mutuelles sauf que, au lieu de gérer des actions, il achète et vend des compagnies privées, pour des intérêts privés. Ils ont débuté dans la santé (ne pas oublier que les soins de santé ne sont pas gratuits aux États-Unis) et les télécommunications. Leur truc pour mettre le grappin sur ces secteurs des plus rentables? Tout simplement, ils engagent des ex-politiciens en tant que gestionnaires, comme George W. Bush père. Vous commencez à voir où je veux en venir? Tant mieux! ;-)

Après le 11 septembre, le Carlyle Group a senti le vent tourner et a cherché de nouveaux secteurs d'investissement, la défense, l'aérospatial, la sécurité et le "nettoyage biologique" (biological cleanup) entre autres. Inutile de dire que ces placement se sont avérés particulièrement fructueux ces derniers mois. Combien? Impossible de savoir car, comme il s'agit d'intérêts privés, ils ne doivent de comptes à personne.

En résumé, et malgré le fait que George W. Bush (père) ait démissionné de son poste de conseiller du Carlyle Group à l'automne 2003, il est normal de se demander quelle relation de cause à effet il y a pu avoir entre cette compagnie et un président prêt à tous les mensonges pour vendre une guerre dont personne ne voulait. À quels secrets d'état a eu accès le Carlyle Group pour l'aider à prendre ses décisions? De plus, Bush père, en tant qu'ancien chef de la CIA et ancien président a conservé ses entrées dans les briefings et a accès à des informations privilégiées.

Mais ce n'est rien. Le Carlyle Group entretient des liens serrés avec la famille Ben Laden. Et ce n'est pas la seule zone d'ombre. heureux hasard? C'est une compagnie contrôlée par le Carlyle Group qui a eu le contrat de "nettoyage" lors de la crise de l'antrax et une autre qui a été chargée de faire des vérifications sur le personnel employé par les compagnies aériennes tout de suite après le 11 septembre.

La géopololitique tisse sa toile de mille fibres et tirer sur un fil fait se dévider des échevaux multicolores dont on ne soupçonnait même pas l'existence...

Plaidoyer pour Bush

Je vois déjà la levée de boucliers en lisant ce titre et je vous prierais de lire le texte au complet avant d'envoyer des commentaires enflammés.

Il faut se rendre à l'évidence, la géopolitique est un jeu des plus complexes où rien n'est jamais entièrement noir, ni blanc. À l'échelle planétaire, elle reflète les comportements humains individuels: les motivations profondes, même si elles se veulent objectives, contiennent toujours une bonne part d'égoïsme et, peu importe nos intentions initiales, il y aura des répercussions positives ET négatives. Seul le temps atténue les choses et, dans ce cas précis, il en faudra probablement beaucoup pour démêler tout ça.

Il faut, à mon grand regret, donner raison à l'administration Bush sur certains points majeurs. Ça fait plusieurs fois que j'entends des spécialistes de la géopolitique de différents instituts de recherche comme l'INRS en France et d'autres (des gens en principe neutres) parler de l'épée de Damoclès qu'est devenue l'Arabie Saoudite. Ce pays est au bord de l'implosion.

L'Arabie Saoudite - État des lieux sommaire

La plupart d'entre vous savent que c'est là qu'est né le mouvement extrémiste musulman. On y enseigne la haine de l'Occident dans les écoles comme on enseignait la haine des juifs dans l'Allemagne nazie. De la pure propagande que la jeunesse avale avidement faute de perspectives d'avenir souriantes. En effet, depuis plusieurs années, la manne pétrolière a fortement diminué et la misère grandit parmi cette population dont la moitié a moins de 20 ans.

Le gouvernement, le clan Saoud, est, on le sait, extrêmement corrompu et la population commence à en avoir plus qu'assez. On a vu récemment la multiplication des attentats à Riyad et, dans la mentalité clanique des saoudiens, c'est signe que le pouvoir faiblit. Les autres clans se frottent les mains car tout le monde s'attend à ce que ça saute à plus ou moins longue échéance. Mais, qui attend patiemment dans l'ombre le jour où il pourra rentrer chez lui en triomphateur, peut-être même en nouveau dirigeant? M. Ben Laden en personne.

Le 11 septembre a fait réaliser aux Américains le danger qui nous guette si jamais ça se produit. Ils ont pris conscience que l'organisation de Ben Laden était devenue un ennemi redoutable difficile à circonscrire. Comme Al Qaida est pratiquement insaisissable, que les neutraliser demande un long travail de fourmi des services secrets, il fallait trouver un autre moyen d'être en position d'intervenir rapidement en cas de crise, pour assurer, et les approvisionnements en pétrole, et pour éviter que le Moyen-Orient ne s'embrase sous une poussée de fièvre islamiste qui pourrait dégénérer avec les conséquences que cela implique. D'où, l'invasion de l'Irak dont le chef n'était plus utile et dont l'embargo immobilisait des forces qui pourraient s'avérer essentielles.

Cela explique pourquoi la politique iraqienne de Kerry de diffère pas de celle de Bush. Sortir du pays équivaudrait à déclencher une guerre civile, chaos qui serait favorable à l'implantation de la mouvance islamiste. Non, les Américains n'ont pas le choix: il leur faut absolument une base dans la région.

De deux maux, ils ont choisi le moindre.

Cela ne veut pas dire que j'excuse l'administration Bush. Ce mal a pris racine par leur faute et la recherche de profits leur a fait fermer les yeux trop longtemps sur ce qui se développait sous leur nez. Et ça m'enrage de voir qu'au lieu de se contenter de réparer leurs erreurs, ils cherchent à en tirer des bénéfices sur le dos des iraqiens et des payeurs de taxe américains. Surtout que cela signifie qu'ils n'ont rien compris: le fanatisme naît lorsque l'on a plus rien à perdre et c'est exactement l'état d'esprit que les troupes américaines créent partout où elles passent avec dans leur sillage, les multinationales.

Une dernière chose que je ne digère pas: tant qu'à mentir comme des arracheurs de dents ou tomber dans une rhétorique aussi fanatique que celle de Ben Laden, ils auraient pu expliquer franchement les enjeux réels. Simple question de respect envers la population.

Pour entendre l'avis d'un expert, cette excellente entrevue diffusée sur les ondes de Radio-Canada:

http://www.radio-canada.ca/radio/emissions/396/20040630/3110.html

juillet 21, 2004

La tristesse des limites illimitées de l'information

La surmédiatisation de l'affaire Julie Bureau ou l'art de rendre public un dossier qui ne nous regarde pas.

L'information, le sensationnalisme, le "human touch", la désinformation, le spectacle et le ridicule. C'est encore pire l'été, alors que les ténors et les bonzes sont en vacances. Pour faire une bonne recette de choux gras, un cas comme la réapparition de Julie Bureau, cette adolescente disparue depuis trois ans, est un ingrédient inestimable.

Des p'tites nouvelles pour un p'tit peuple. Et je ne dis pas ici que cette "nouvelle" n'est pas importante, mais plutôt qu'elle ne devrait pas occuper une place aussi démesurée dans les médias. Au téléjournal, dans le journal, sur Internet, à la radio... les avantages pratiques de la convergence, quoi! Servir du réchauffé, c'est toujours chaud.

Cette histoire de famille, de peine et d'inquiétude ne nous regarde pas. Il n'est pas de notoriété publique de vivre ces moments personnels avec les principaux concernés. Il est encore moins approprié pour un journaliste de sermonner la jeune fille et de la sommer de rentrer au bercail! Non, mais!

Et que penser de cette intervenante qui annonce publiquement que l'adolescente se porte bien, ne consomme aucune drogue, ne se prostitue pas, ne danse pas nue.... Est-il de son ressort de nous livrer les états d'âme d'une adolescente qui n'a jamais demandé à se trouver au coeur de tout ce remous médiatique?

Vraiment, cette histoire m'horripile. "C'est ce que les gens veulent entendre, ils veulent savoir!" entend-on. Si l'on arrêtait de prendre les gens pour des imbéciles et qu'on leur présentait l'information comme elle devrait être : juste, objective et d'intérêt public, peut-être qu'ils seraient plus nombreux à décrier cette forme de sensationnalisme qui a pour vil but d'augmenter les cotes d'écoute et le lectorat.

juillet 20, 2004

Françoise David, à contre-jour

Une entrevue exclusive pour les lecteurs et lectrices de la Tribu Du Verbe!

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Q: Je vous propose de briser la glace avec deux petites questions un peu "stupides", des questions qui ne feront certes avancer aucun débat de société mais qui pourraient néanmoins peut-être nous aider à connaître un peu davantage qui est Françoise David.

Lors des récentes élections fédérales, un journaliste a demandé à Paul Martin quel était son mets préféré. Il a répondu qu'il s'agissait du Kraft dinner. On ne sait pas s'il s'agit effectivement de son mets préféré ou s'il ne s'agissait-là que d'une tactique populiste pour se rapprocher des moins nantis, mais peu importe, c'est à vous aujourd'hui que je pose cette question, à savoir, quel est le mets préféré de Françoise David.

F. David: Je trouve ça drôle. J'essaie de réfléchir. J'ai plusieurs mets préférés. Mais j'avoue être assez amatrice de poisson. Pour moi, un bon souper, c'est un filet de saumon avec du riz, des légumes verts, un petit verre de vin blanc, là là, je suis en congé, je mange bien et je suis de bonne humeur.

Q: Donc, pas de Kraft dinner pour Françoise.

F. David: Jamais, j'ai ça en horreur. Je ne suis pas quelqu'un qui mange de façon très très sophistiquée, mais je ne jouerai pas les prolétaires qui font "exprès" d'aimer le Kraft dinner.

Q: Je vais vous nommer 6 noms d'hommes avec lesquels, moi, je n'aurais vraiment pas envie d'aller souper. Imaginons qu'à la suite d'un pari perdu, vous soyez obligée se souper avec l'un de ceux-ci, lequel choisiriez-vous?. Alors voilà: Pierre Karl Péladeau, Jean Charest, Stephen Harper, Paul Martin, Don Cherry, et pour finir, le Mollah Mohammed Omar, le sympathique chef des talibans.

F. David: Avec lequel j'irais souper... Absolument obligée? J'ai pas le droit de dire aucune de ces réponses? Eh bien, puisqu'il le faut vraiment, à la limite Paul Martin... Mais je te jure qu'on mangerait pas du Kraft diner! Puis dans le fond, c'est le Premier Ministre du Canada, j'aurais la chance de lui poser pas mal de questions. Je pourrais le questionner sur la façon dont il a fait sa fortune et sur les politiques qu'il compte adopter.

Q: L'Estrie est la 5e région que vous visitez depuis le début de votre tournée. Quel bilan pouvez-vous en tirer, même si vous n'en êtes rendue qu'au tiers [de votre tournée].

F. David: Je dirais d'abord que partout on rencontre des gens qui veulent un changement réel au Québec; des gens qui sont souvent engagés socialement; qui sont en recherche; des péquistes déçus; mais vraiment, des personnes qui ne veulent plus être seulement désabusées, désenchantées, cyniques, qui sont tannées de l'impuissance et qui veulent essayer de croire qu'on peut changer la société. Moi ça, ça me frappe beaucoup beaucoup et ça me donne de l'espoir. Une autre chose qui me frappe aussi, c'est l'inquiétude pour l'environnement. Elle est très grande. Il y a vingt ans, presque personne n'en parlait, et aujourd'hui je sens que c'est vraiment en train de devenir un enjeu crucial au Québec. Ça, ça me réjouit parce que je partage cette opinion-là. Troisièmement, je rencontre beaucoup de gens qui sont dans les services publics, soit enseignants-enseignantes, infirmières, des jeunes retraitéEs, des étudiantEs, des gens des groupes communautaires, des agriculteurs, entre autres des gens qui font de l'agriculture biologique. On ne rencontre pas assez, à mon goût - mais peut-être que nos horaires ne nous le permettent pas - de travailleurs d'usine ou de travailleuses dans des commerces; qui sont des milliers de gens au Québec. Il y a tout un défi pour la gauche au Québec d'arriver à les rejoindre. Il va falloir réfléchir à la façon de faire. Pour le moment, ça serait à peu près ça [comme bilan].

Q: Au Québec comme à beaucoup d'endroits en Amérique et en Occident, de façon générale, on constate qu'un fort pourcentage de gens ne votent pas. Est-ce là un objectif d'Option citoyenne que de tenter de rallier ces gens à la chose politique?

F. David: C'est 30% des gens maintenant au Québec. J'ai la conviction - non fondée sur des statistiques - c'est plus intuitif que d'autre chose - qu'une partie de ces gens-là ne votent pas justement parce qu'ils ne voient pas d'alternative qui les intéresse; ils ne voient pas de projet social, de politiques qui les intéressent. Alors, évidemment ça m'intéresse d'aller les chercherY´! Je soupçonne que parmi ces gens-là il y a probablement un bon nombre de jeunes. Je dis ça parce que j'en ai rencontré et je me rencontre qu'à 18 ans, 20 ans, 22 ans, plusieurs ne votent pas. Méchant défi! Je ne prétends pas qu'il va être facile à relever mais je pense quand même qu'en recrutant des jeunes - ce qui est déjà commencé - qu'en ayant des porte-paroles jeunes, on devrait réussir dans les prochaines années à convaincre d'autres jeunes d'être membre d'Option citoyenne ou à tout le moins de voter pour la gauche - une gauche écologiste, une gauche pacifiste.

Q: En théorie, ces idées-là devraient être en mesure de rejoindre les jeunes...

F. David: Oui, il me semble! Une gauche qui désire une justice sociale, l'égalité entre les hommes et les femmes... Je suis certaine qu'un grande partie de la jeunesse partage ces idéaux-là. Alors il faut les convaincre que ça vaut la peine d'aller voter parce qu'il y a des gens qui essaient de construire quelque chose de différent.

Q: Dans le but de vous "aider", Richard Martineau, dans le Voir, s'est permis il n'y a pas si longtemps, de vous prodiguer des conseils. Monsieur Martineau disait entre autres "soyez drôle, bordel". Il semble que Richard Martineau ne vous trouve pas drôle. Trouvez-vous que vous n'êtes pas drôle?

F. David: Ce n'est sûrement pas mon avisY´! En fait, l'article disait soyez drôle, soyez concrète et réaliste, soyez culturelle.

Q: En tous cas, culturelle, il semble que vous n'avez pas de difficulté à rallier des artistes à votre projet; Karen Young joue ce soir pour Option citoyenne, de façon complètement bénévole...

F. David: Et on a rencontré Richard Séguin hier à St-Venant qui est très intéressé par notre mouvement, donc, non, ça je pense que ça ne sera pas difficile. Mais sur un plan général, Richard Martineau n'a pas tort quand même. C'est vrai que dans son histoire - entre autres au Québec - la gauche n'a pas toujours été très rigolote. J'ai été marxiste-léniniste quand j'avais 25 ans, disons que c'était pas toujours très amusant de venir aux réunions. Je pense qu'on a un effort à faire pédagogique; un effort de vulgarisation de nos idées; c'est important qu'on se parle pas entre nous autres, que l'on parle un langage accessible. Oui, c'est important que l'on ne se prenne pas tout le temps au sérieux, que l'on soit capable de rigoler - de nous-même, de nos erreurs, de nos petits travers. Et moi je sais, mais peut-être que Richard Martineau ne le sait pas, que je suis une femme comme ça. Dans mes échanges avec les gens, dans les conférences que je donne, j'utilise beaucoup l'humour. Il me semble qu'on peut avoir du plaisir à travailler avec moi. En tous cas, ça doit être vrai puisqu'il y a des femmes avec qui j'ai travaillé des années de temps à la Fédération des femmes du Québec qui sont aujourd'hui à Option citoyenne et on s'amuse beaucoup ensemble.

Q: Quand Martineau dit "soyez réaliste", moi je suis tenté de vous poser une autre question, plus précise, que lui ne soulève pas. On a souvent l'impression que la gauche a de beaux idéaux, de belles idées avec lesquelles il serait difficile de ne pas être en accord. Mais en même temps, on a parfois l'impression qu'il s'agit-là, du moins en partie, de choses irréalisables. Pouvez-vous promettre à la population qu'Option citoyenne sera en mesure de déposer un cadre financier pour les prochaines élections provinciales?

F. David: Honnêtement, c'est une chose à laquelle on a pas réfléchi jusqu'à présent, alors je ne voudrais pas m'engager pour Option citoyenne de façon précise mais ce que je peux déjà dire c'est que dans le petit livre que j'ai écrit, je parle d'utopies réalisables. Est-ce contradictoireY´? Moi je réponds à ça: en apparence oui, en réalité, peut-être pas. Parce qu'une utopie, dans le fond, c'est quoi? Souvent on va traiter d'utopique une vision à long terme d'un projet social - et même d'un projet culturel - qui ne paraît pas réalisable à court terme. Les femmes qui proposaient, au début du 20e siècle l'abolition du travail des enfants passaient pour utopistes parce que les patrons disaient "nos entreprises vont faire faillite". Les premiers qui ont proposé l'abolition de l'esclavage des noirs aux États-Unis passaient pour des rêveurs parce que les propriétaires de plantation disaient "si vous faites ça, c'est la fin". Et pourtant l'esclavage des noirs a été aboli, le travail des enfants a été aboli au Québec, et l'économie du Québec ne se porte pas si mal. Autrement dit, je souscris à ce que Victor Hugo a écrit: "les utopies d'aujourd'hui seront la réalité de demain". Une fois qu'on a dit ça, ça ne nous dispense pas de réfléchir aux étapes à franchir pour arriver au projet qui paraît utopique pour un certain temps. Il faut y aller étape par étape. Il faut y aller cas par cas. Un gouvernement de gauche qui serait élu au Québec ne pourrait pas du jour au lendemain réaliser le maximum de son programmeY´; je pense que les gens en sont conscients et préfèrent qu'on leur dise la vérité.

Q: Les gens ne sont pas habitués à ça.

F. David: Eh bien, nous allons nous y habituer! On se dit la vérité, on regarde la situation du Québec en rapport aussi avec les autres pays du monde, et puis on regarde les étapes qu'on est capable de franchir et on est au clair avec les gens là-dessus. S'ils sont d'accord, ils embarquent avec nous; s'ils ne sont pas d'accord avec nous , ils voteront pour quelqu'un d'autre! On n'essaie pas de faire des promesses irréalisables, ce n'est pas correct. Parce qu'évidemment qu'on ne les réalisera pas si elles sont irréalisables! Par contre, je crois qu'il faut aussi dire aux gensY´: arrêtons de penser que rien n'est possible, qu'on n'a aucun choix, qu'on ne peut rien faire.

Q: C'est défaitiste comme pensée.

F. David: C'est plus que défaitiste, c'est faux! On le voit bien avec Jean Charest depuis un an, il pose des paquets de gestes qu'il n'est pas obligé de poser du tout !

Q: Vous avez assisté il n'y a pas si longtemps, à titre d'observatrice, à une assemblée générale de l'UFP. Au-delà des communiqués officiels diffusés par l'UFP sur l'assemblée et votre présence à celle-ci, pouvez-vous partager avec nous vos impressions et vos inquiétudes (s'il y en a) qui vous ont traversé l'esprit au terme de cette fin de semaine.

F. David: D'abord, on n'est pas resté toute la fin de semaine, ça c'est important de le dire. Il y a à peu près la moitié du congrès à laquelle on n'a pas assisté. Je ne peux me prononcer sur le congrès lui-même parce que j'en n'ai pas vu l'aboutissement. Il y a peut-être un point qui a relevé des interrogations chez nous, et on en a fait part par la suite à l'exécutif de l'UFP, c'est la façon d'aborder la question nationale. On a eu le sentiment d'un discours extrêmement nationaliste, qualifiant l'idée d'indépendance du Québec de lutte de libération nationale... contre l'oppresseur fédéral. À Option citoyenne, on n'est vraiment pas là. On a simplement souligné à l'UFP que là-dessus, on pensait qu'il y aurait des discussions à avoir. Mais de façon plus générale, indépendamment du congrès, je dirais qu'on est en train quand même de s'apprivoiser mutuellement entre Option citoyenne et l'UFP. Je pense qu'on réalise nos différences. La question nationale... Le fonctionnement peut-être. À l'UFP, on laisse énormément de place aux tendances, à des sièges réservés pour les tendances reconnues; il y a une adhésion individuelle et de groupe. Et ça, à Option citoyenne, on n'a pas fait complètement notre lit mais je sens qu'on est réticent. Ça va mériter de grosses discussions. Il y a peut-être aussi la pédagogie. Comment dirais-je... le langage parfois, la façon de s'exprimer. Parfois j'ai l'impression qu'on se parle entre nous autres, avec notre langage un peu convenu, un peu gauche traditionnelle - quoique ça change quand même - mais je pense qu' on peut résoudre ça facilement. Aussi, les femmes étaient minoritaires au congrès de l'UFP. Elles ont cependant une présence réelle. Elles ont des leaders qui interviennent, mais ça, ça m'a frappé. Je sais qu'il y a des efforts qui sont mis là-dessus à l'UFP. À Option citoyenne on vit le contraire. Des femmes il y en a plein. Et parfois j'ai envie de dire aux garsY´: entrez donc vous autres aussi. On est féministes mais on ne mange personneY´! - l'UFP aussi est féministe d'ailleurs. Cette présence minoritaire des femmes à l'UFP et majoritaire à Option citoyenne traduit des cultures différentes l'UFP étant un regroupement, une fédération au départ de partis de gauche, Option citoyenne étant issue d'une longue histoire du mouvement des femmes et des mouvements communautaires. Et je pense que ça explique beaucoup de choses.

Q: J'ai des amies qui ont été un peu choquées en lisant votre livre car elles ont trouvé que vous étiez "soft" sur la question féministe.

F. David: C'est intéressant ça! Car plusieurs disent le contraire...

Q: Où en est rendu le féminisme, selon vous, aujourd'hui?

F. David: Moi je pense qu'il se porte pas si mal. On a un mouvement des femmes au Québec quand je le compare à l'échelle de la planète, qui est extraordinaire, qui recrute des milliers de femmes. Il y a des groupes de femmes dans toutes les régions du Québec, je trouve que le mouvement des femmes se porte bien. Le féminisme par contre, n'a pas toujours bonne presse, c'est le moins qu'on puisse dire. Par contre, une fois qu'on parle avec les gens, au-delà des mots, beaucoup de gens vont nous dire, "moi je suis d'accord avec l'égalité entre les hommes et les femmes", mais le mot féminisme fait énormément peur. Option citoyenne reçoit plusieurs courriels où on nous dit "ah non, pas un parti féministe, quand même!" Et pas seulement des hommes mais de femmes aussi. Des gens qui ne se définissent pas comme anti-féministes mais qui disent "vous ne trouvez pas que c'est un peu dépassé? On est rendu plus loin que ça, on veut travailler ensemble les hommes et les femmes." C'est sûr qu'on va travailler ensemble!

Q: Il y a des gens qui voient dans ça [un parti qui se dit féministe] quelque chose de "sectaire"; qu'avez-vous à dire à ces gens-là?

F. David: Les gens trouvent ça sectaire parce que ce qu'ils comprennent, c'est que ça va vouloir dire qu'on va recruter seulement des femmes, qu'on va parler seulement des femmes et je leur réponds qu'on ne s'est pas compris. On est un parti de gauche qui va aussi tenir compte d'un regard féministe sur la société. Qui va, par exemple, se demander, quand on fait un virage ambulatoire, qu'on renvoie les gens à la maison après une petite opération au bout de quelques heuresY´: qui va les accueillir? Généralement les femmes. Et si monsieur Rochon et son équipe s'étaient posé cette question-là avant, ils auraient mis en place beaucoup plus rapidement des services de maintien à domicile. Dans les faits, les femmes se sont ramassées avec la responsabilité des enfants, de leurs vieux parents, du beau-frère malade, etc. C'est ça être féministe dans un partiY´; c'est aussi vouloir - dès maintenant - recruter des candidatures féminines pour les prochaines élections et avoir 50% de candidates. Si on le réussissait, ce serait historique.

Q: On sent qu'avec Option citoyenne, les décisions vont se prendre collectivement et c'est à mon avis une très bonne chose. N'empêche, j'aimerais connaître le point de vue personnel de Françoise David au sujet de la question nationale. Sur le site web d'Option citoyenne, j'ai lu dans l'un de vos documents une question qui allait comme suit:

"Que pensez-vous de l'idée de travailler avec les progressistes canadiens sur le renouvellement de la fédération pour y instaurer un système asymétrique où le Québec, partie prenante du Canada, serait reconnu comme nation et possèderait l'autonomie et l'argent nécessaire pour mener ses projets à terme ?". Moi quand j'ai lu ça, je me suis dit, c'est pas possible, ça se peut pas qu'on revienne à ça; ça fait longtemps qu'on souhaite ça au Québec mais ça a toujours été une fin de non-recevoir du côté du Canada anglais. Croyez-vous vraiment que le fédéralisme radicalement renouvelé - comme vous l'appelez - que ce soit possible, ça?

F. David: Personnellement, je crois que ce n'est pas possible dans les prochaines années. Mais le chapitre du livre Bien commun recherché pose effectivement la question nationale en disantY´: "pour réaliser notre projet social, avons-nous besoin 1) de la souveraineté ou 2) du fédéralisme radicalement renouvelé." Tout de suite après avoir posé la question du fédéralisme renouvelé, j'ajoute, dans le livre que depuis des années on a essayé de proposer ça et que ça a toujours été non. Et je suis assez choquée parce qu'il y a eu un article de l'Aut' journal qui a paru pour juillet / août, qui ne parle que de la partie fédéralisme renouvelé [du livre] et qui ne mentionne pas qu'on pose aussi la question de la souveraineté. Il y a une forme de malhonnêteté intellectuelle là-dedans que je ne peux pas supporter. Dis-moi que tu n'es pas d'accord avec moi, c'est correct, mais ne fais pas exprès de biffer la moitié du chapitre simplement parce que ça soutient ta thèse.

Alors, si tu me demandes mon opinion à moi personnellement, et on s'entend que le débat n'est pas terminé à Option citoyenne, moi je me définirais comme une souverainiste par défaut. Ce que je veux dire par là c'est que le Canada anglais me ferait une proposition de fédéralisme réellement asymétrique donnant au Québec les moyens politiques, fiscaux, économiques et culturels de ses choix, j'accepterais, comme, je pense, une très grande partie des québécois. Mais le Canada anglais ne le propose pas. Incluant le NPD qui est quand même, au niveau des valeurs, le plus proche de nous. J'en arrive donc à la conclusion qu'il va falloir aller vers la souveraineté, c'est la position que je vais moi, personnellement défendre. Cependant, j'aimerais qu'on définisse cette souveraineté très différemment de ce qu'on se disait entre nous, dans le peuple québécois, il y a 35 ou 40 ans. Je n'ai plus envie, moi, de parler de lutte de libération nationale, je trouve qu'on en est très loin. Je n'ai pas envie de faire une mobilisation contre les anglais.

Q: [sur un ton sarcastique] Raymond Villeneuve, qui va foutre le bordel lors du Canada Day avec Falardeau, vous aimez pas ça?

F. David: Ça ne m'intéresse pas. Ce que j'ai envie de faire, moi, c'est de se dire ensemble, est-ce qu'on a le goût de construire un Québec social qui suppose tout un ensemble de pouvoir et d'argent qu'on n'a pas . Ceci dit, oui j'aimerais réfléchir ça en solidarité avec des progressistes canadiens. Ça existe des progressistes canadiens. Certains, comme Judy Rebick, Canadienne anglaise très connue de Toronto, écrivaine, animatrice de télé, journaliste et tout, sont pour le fédéralisme radicalement renouvelé. Ça existe des gens comme ça. Le problème c'est que l'expression politique la plus intéressante au Canada anglais qui est le NPD n'est pas capable d'y arriver. J'avais un espoir avec Jack Layton, il a essayé d'avancer, il s'est fait chicaner par ses membres, il a reculé, encore une foisY´!

Q: En 1995, vous étiez présidente de la Fédération des femmes du Québec et la FFQ s'est prononcée en faveur de la souveraineté. Comment est-ce que ça a été reçu ? Parce que statistiquement, les femmes au Québec ne sont pas majoritairement favorables à l'idée de la souveraineté du Québec. Quand on est porte-parole comme vous, au nom des femmes...

F. David: Ah, écoute, il y a eu deux périodes dans ma présidence de la FFQ où ça a été vraiment très difficileY´: la période référendaire et le procès de Gilbert Rozon. Au moment de la période référendaire, les gens qui me soutenaient me téléphonaient très peu. Quand tu soutiens, t'appelles pas. Mais il y avait des tonnes de téléphones enragés. C'est tellement émotif [cette question là], ça n'a pas de bon sensY´! Mais ceci dit, moi j'ai pris soin de le dire pendant toute la campagne référendaire, je ne représentais pas les femmes du Québec, je représentais les membres de la Fédération des femmes, qui après une consultation qui a duré un an, ont voté en faveur de la souveraineté à 80 %.

Q: Omar Aktouf s'est présenté aux élections provinciales sous la bannière de l'UFP et aux dernières élections fédérales sous celle du NPD. Dans les deux cas, monsieur Aktouf était absent du pays et n'a pu, incidemment faire campagne. Malgré le respect que beaucoup de progressistes ont pour Omar Aktouf, ça a choqué plusieurs personnes, qui ne trouvaient pas sa candidature crédible, dans ce contexte-là. Pouvez-vous promettre qu'Option citoyenne n'aura pas de candidatEs "bidon" lors des prochaines élections provinciales?

F. David: S'il n'en tient qu'à moi, si des personnes décident de se porter candidats ou candidates aux prochaines élections, ces personnes-là vont faire campagne. Si elles n'ont pas envie de faire campagne, ils ou elles ne se présenteront pas. Maintenant, ceci dit, là on n'en est même pas encore à définir les statuts du parti. La façon la plus démocratique de travailler, me semble-t-il, c'est que les associations de comté décident qui va être candidat ou candidate. J'espère cependant que la candidate ou le candidat choisi soit connu du milieu, soit proche des gens, et accepte de faire vraiment campagne.

Q: Était-ce donc une erreur selon vous, qu'Omar Aktouf se présente dans ce contexte là?

F. David: C'est pour le moins questionnant. Avec tout le respect que je lui dois, pour ce qu'il est, pour les idées qu'il défend, je trouve ça extrêmement questionnant.

Q: Vous parlez d'unifier la gauche; l'UFP avait tout de même plutôt bien réussi à faire cela. Il y a des gens qui vous écoutent et qui se disent, lorsque vous parlez d'unifier a gauche, qui ont l'impression que ça veut dire "je veux unifier la gauche, venez à moi les enfants"; certaines gens ont l'impression qu'ainsi, vous vous auto-proclamez cheffe de la gauche au Québec. Qu'est-ce que vous dites de cela? Est-ce que ça vous choque, est-ce que ça vous fait de la peine?

F. David: Non, ça ne me choque pas, et ça ne me fait pas de peine puisque je pense que je comprends cette réaction-là. C'est vrai que moi j'arrive deux ans plus tard, deux ans après la fondation de l'UFP; l'UFP aurait aimé que je rallie ses rangs bien avant, finalement. Et tout d'un coup j'arrive - et je n'arrive pas toute seule - on était une centaine, au départ, on est maintenant à peu près 500, et effectivement, plutôt que de rallier l'UFP, on fonde un mouvement politique. On effectue une tournée, on recrute des membres, et on publie un livre... je comprends qu'il y a des gens que ça puisse choquer parce qu'ils se disent, regarde, on a déjà commencé à faire des efforts d'unification de la gauche; il me semble que ça serait plus simple si vous veniez avec nous. Et la seule réponse que je peux faire - c'est aussi la réponse des membres d'Option citoyenne - c'est qu'on avait des réserves au sujet de l'UFP. On en avait, on en a encore. Beaucoup de femmes n'avaient pas envie de rallier les rangs de l'UFP et j'en faisais partie; à cause de ce qu'on a dit [précédemment]. Alors on leur a suggéré de respecter notre démarche, sachant qu'après notre rencontre nationale de novembre prochain, nous entamerons un processus d'unification avec l'UFP.

Q: Êtes-vous confiante que ça va fonctionner?

F. David: Ah oui! Parce qu'il y a une très grande volonté de part et d'autre;

Q: Est-ce que ça pourrait signifier, si l'UFP se montrait à l'écoute et consentait à modifier ce qui vous agace chez elle, qu'Option citoyenne pourrait se rallier à l'UFP dans ces conditions-là?

F. David: On ne voit pas les choses comme ça. L'UFP avance dans sa démarche, son action et nous autres nous avançons, nous évoluons, nous clarifions nos idées. Après novembre, on va se rencontrer, d'égal à égal, avec chacun de notre côté nos opinions, nos orientations, notre fonctionnement, mais c'est bien évident que pour s'unir, il va falloir discuter, il va falloir faire des compromis de part et d'autre. On va tabler sur nos convergences. Tabler sur nos acquis, sur ce qu'on peut mettre ensemble. Je ne sais pas comment ça s'appellera. UFP? Option citoyenne? Ou un autre nom peut-être, qui reflétera ce qu'on est ensemble. Ce qui est important c'est qu'on arrive à s'unir. Il faut créer un outil capable de ratisser large, d'aller chercher monsieur-madame tout-le-monde dans la population.

Q: On a l'impression au Québec, qu'à chaque élections, on se retrouve en référendum même si ce n'est pas le cas. La question nationale divise les votes en deux, entre le PQ et le PLQ. Afin de régler cette question autrement; croyez-vous qu'il serait possible et/ou souhaitable d'adopter dans une plate-forme politique, l'idée de pouvoir faire des référendums, un peu comme on le voit en Suisse, sur des questions collectives [pas seulement sur l'idée d'indépendance]?

F. David: Peut-être, il faut y réfléchir. J'ai une amie très proche qui a passé un an en Suisse récemment et qui m'a dit, "tu sais, c'est bien beau ça, le droit d'initiative populaire mais ce n'est pas toujours si démocratique que l'on pense." Et en plus, quand il s'agit des droits fondamentaux - droits des femmes, droits des minorités ñ tu peux être surpris parfois des résultats. Alors, à tout le moins, si on adopte cette idée-là, d'un droit d'initiative populaire, il va falloir le baliser en s'assurant que, par exemple, des deux côtés, dans les deux camps, il y ait des moyens égaux de promouvoir une idée.

Q: Si vous le permettez, on va terminer avec deux petites questions un peu salées... Il y a des rumeurs qui racontent que l'une des raisons principales qui font que vous n'avez pas rallié les rangs de l'UFP serait que vous seriez à couteaux tirés avec Paul Cliche. Qu'en est-il?

F. David: [Éclat de rire] Ben voyons! Je ne suis pas à couteaux tirés avec Paul Cliche. On a de temps en temps de petits désaccords - qui n'en a pasY´? - mais de toutes façons, on se voit très peu, on se connaît peu, on s'est croisé quelques fois... Je ne sais pas d'où ça sort cette affaire-là. C'est crampant ce qui peut se dire! Moi ça me fait mourir de rire! Je trouve ça ridicule. Bref, non, je ne suis pas à couteaux tirés avec Paul Cliche, comme avec personne à l'UFP d'ailleurs.

Q: Vous avez reçu en 2002 un prix honorifique de la part de la gouverneure générale Adrienne Clarkson. Il y a des gens que ça a choqué, parce qu'ils considèrent d'une part que c'est un peu reconnaître la monarchie, et d'une autre, certaines personnes auraient apprécié que vous refusiez ce prix ou que vous vous serviez de cette opportunité pour faire un coup d'éclat, pour faire avancer une cause...

F. David: Ça va me faire bien plaisir de répondre. J'ai accepté le prix parce que le comité de sélection qui remet ce prix-là est formé de femmes tout à fait indépendantes des partis politiques fédéraux et de la gouverneure générale; c'est un prix dont les candidatures sont soumises par des femmes et des hommes de toutes les régions du pays pour consacrer les efforts de femmes Canadiennes à l'atteinte de l'égalité entre les hommes et les femmes. Mais c'est sûr que je suis contre la monarchie, j'abolirais le Sénat, j'abolirais les postes de gouverneur Général et de lieutenant-gouverneur, c'est bien clair. Mais ceci dit, ça existe, et ce prix-là est remis par elle; je l'ai accepté et je dois dire que je n'ai pas détesté avoir affaire à une gouverneure générale qui est par ailleurs féministe et une amie des arts et de la culture. J'ai parlé à des artistes québécois qui me disent l'apprécier beaucoup - la vie est pleine de contradictionsY´! Mais ce que je veux surtout te dire, c'est qu'on avait le droit de faire un speech très court et j'en ai profité - on était en octobre 2002 - pour remercier la Fédération des femmes du Québec, mais surtout pour lancer un appel au gouvernement canadien et à la gouverneure générale pour que nous n'allions pas en guerre contre l'Irak. C'est là-dessus que mon speech a porté presqu'entièrement. Donc oui, j'en ai profité pour dire ce que j'avais à dire et je dois dire que ça a été bien reçu. Je comprends qu'il y en ait qui ne soient pas d'accord, comme il y a des artistes québécois qui refusent des prix canadiens, etc, c'est une question que je me suis posée. Mais je l'ai accepté, et après les remerciements d'usage, j'ai passé mon message.

Q: Françoise David, merci beaucoup!

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Entrevue effectuée à Sherbrooke le 12 juillet 2004.

juillet 19, 2004

Ce qu'en pense le bon Dieu...

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En cette période estivale, j'ai cru pertinent de partager avec vous ce texte rigolo, dont l'auteurE est inconnuE. C'est une amie qui me l'a fait parvenir; il provient du site de la Coalition pour les alternatives aux pesticides.

Imaginez la conversation suivante entre Dieu et Saint-François d'Assise...

"Frank, toi qui connais tant de choses sur la nature et le jardinage, peux-tu me dire ce qui se passe en amérique du Nord avec les pissenlits, les violettes, la chicorée et toutes les belles fleurs que j'ai dispersées là-bas il y a des siècles? J'avais planifié un jardin parfait, sans entretien... Ces plantes-là poussent dans n'importe quel type de sol, supportent la sécheresse et se multiplient à profusion. Le nectar de leurs fleurs attire des papillons, des abeilles et des volées d'oiseaux aux chants mélodieux. Je m'attendais à voir de vastes jardins multicolores à l'heure actuelle, mais tout ce que j'aperçois ce sont des rectangles verts.

- Ce sont les tribus qui se sont installées là-bas Seigneur. On les appelle les banlieusards. Ils ont commencé à traiter vos fleurs de "mauvaises herbes" et ils ont déployé beaucoup d'efforts pour remplacer vos fleurs par du gazon.

- Du gazon? C'est tellement ennuyeux et si peu coloré! Cela n'attire pas les papions, ni les abeilles, ni les oiseaux, mais seulement les vers blancs, les pyrales et des punaises. De plus, c'est très sensible aux changements de température. Ces banlieusards veulent-ils vraiment de tous ces tracas?

- Apparemment Seigneur. Ils dépensent beaucoup d'argent et d'énergie pour faire pousser ce gazon et le maintenir vert. Ils commencent par appliquer des engrais de bonne heure au printemps et ils empoisonnent toutes les autres plantes qui pourraient pousser dans leur gazon.

- Les pluies et la fraîcheur printanière doivent faire pousser le gazon vraiment vite. Je suppose que cela rend les banlieusards très heureux?

- Apparemment non Seigneur. Dès que le gazon commence à pousser, ils le coupent, parfois deux fois par semaine.

- Ils le coupent? Est-ce qu'ils font des ballots, comme avec le foin?

- Pas vraiment Seigneur. La plupart d'entre eux ramassent l'herbe coupée pour la mettre dans des sacs.

- Dans des sacs? Pourquoi? Est-ce qu'ils les vendent? Est-ce une récolte bien rentable?

- Pas du tout Seigneur, au contraire. Ils payent pour qu'on vienne les ramasser.

- Voyons donc, je crois que je ne comprends pas très bien! Tu me dis qu'ils fertilisent le gazon pour qu'il pousse plus vite. Et quand il pousse bien, ils le coupent et payent pour s'en débarrasser?

- Oui Seigneur.

- Ces banlieusards doivent être contents en été, quand nous diminuons les précipitations et que nous montons la température. Cela ralentit la croissance du gazon et cela doit leur sauver beaucoup de travail.

- Vous n'allez pas me croire Seigneur: quand le gazon pousse moins vite, ils sortent le boyau d'arrosage pour pouvoir continuer à couper et remplir des sacs de gazon.

- C'est insensé! Mais au moins ils ont conservé quelques arbres... Ça c'était une idée de génie de ma part, si j'ose dire. Les arbres font pousser des feuilles au printemps pour protéger une magnifique parure et procurer de l'ombre en été. En automne, les feuilles tombent au sol et nourrissent les arbres pour faire de nouvelles feuilles. C'est le parfait exemple du recyclage naturel.

- Vous êtes mieux de vous asseoir Seigneur. Les banlieusards ont imaginé un nouveau cycle. Aussitôt que les feuilles tombent, ils les ramassent, les mettent dans des sacs et payent pour s'en débarrasser aussi.

- Mais voyons donc! Comment font-ils pour protéger les racines des arbres et arbustes en hiver et pour conserver l'humidité dans le sol?

- Après avoir jeté les feuilles, ils achètent quelque chose qu'ils appellent du paillis. Ils le rapportent chez eux et l'étalent autour des arbres pour remplacer les feuilles.

- Ah?! Et où vont-ils chercher ce paillis?

- Ils coupent les arbres et les réduisent en petits copeaux.

- C'est assez! Je ne veux plus entendre de telles inepties! Sainte-Catherine, toi qui est responsable des arts, quel film as-tu prévu pour ce soir?

- "Un monde en folie". C'est un film très amusant à propos de...

- Laisse faire, on vient de me raconter l'histoire!

Auteur anonyme

juillet 18, 2004

Party bénéfice samedi prochain !

Vous êtes cordialement invité à venir encourager le cinéma indépendant engagé en participant au PARTY BÉNÉFICE pour l'ANUS HORRIBILIS, long métrage de Bruno Dubuc en préparation (une "genre de suite" au Gambit du Fou...) à 21 h samedi le 24 juillet dans le spacieux loft galerie du 3673 St-Dominique (entre Prince Arthur et Des Pins, en face du théâtre La Chapelle).

Vous avez manqué comme moi votre 24 juin parce qu'il n'y a pas eu de party dans le Mile End ? Pas de problème, on reprend ça un mois plus tard, le 24 juillet ! Avec deux mini-spectacles pour débuter la soirée :

22h. AMOUR EXIL,

Trio suisse comprenant violon, violoncelle et accordéon qui interprète des musiques de la Méditerranée, d'Europe Centrale et des chants séfarades du XVème siècle.

23h. LES VOIX PUBLIQUE,

Un ensemble vocal qui se distinguent par un répertoire varié aux arrangements étonnants dans lequel se côtoient la chanson française (Brassens, Vian, Gainsbourg, etc.), américaine (Gershwin, standards de jazz, etc.), des rythmes latins, des musiques de film (de James Bond à Walt Disney), Paolo Conte, Kurt Weill, les Beatles et même quelques airs de la Renaissance.

24 h à 3h DJ Brouuuuuuuune

Bière en vente sur place. Contribution volontaire suggérée : 5$

Sauvons Radio-Média

La station de radio Radio-Média est en danger. Elle risque de passer aux mains de Corus Entertainment, qui a comme objectif (entre autres) de diminuer le contenu information pour lui donner une vocation qui consiste à traiter de sport et de la santé.

Un site a été créé pour donner de l'information et permettre de signer une pétition.

juillet 16, 2004

Le CRTC frappe encore!

Était-ce le prélude à une autre décision du CRTC concernant l'ajout de 2 nouvelles chaînes télé: Al-Jazira (qui se passe de présentations!) et RAI (chaîne nationale italienne).

Dans le premier cas, le CRTC met une condition, soit que le contenu soit enregistré et analysé avant d'être diffusé afin d'éviter de choquer. Dans le deuxième, il s'agit d'un refus motivé par le fait qu'une chaîne ontarienne diffuse déjà des extraits du RAI.

Au début, j'avais l'intention de commenter l'excellent article de Martin Dupuis au sujet de CHOI-FM publié sur ce site. Puis, j'ai jugé que cette décision du CRTC ajoutait une nouvelle dimension au problème.

Jusqu'ici, j'étais d'accord avec le fait que CHOI avait dépassé les bornes, que faire de la diffamation n'avait plus rien à voir avec un débat d'idées et que fermer CHOI respectait cette logique. Maintenant, je me demande sincèrement si cela n'a pas uniquement servi à nous préparer pour la suite. Ou encore, si cette suite n'a été portée à notre attention uniquement à cause de CHOI et qu'il y a déjà longtemps que le CRTC joue les censeurs à notre insu.

Je trouve le cas d'Al-Jazira révoltant. L'on autorise bien FOX et CNN à diffuser chez nous sans trouver à y redire malgré le fait avéré que ces médias sont tout ce qu'il y a de plus biaisé! Oui, Al-Jazira risque de choquer car il s'agit d'une culture avec laquelle nous ne sommes pas familiers. Mais à qui s'adresse-t-elle??? Si Al-Jazira obtient un permis, ses téléspectateurs seront fort probablement de langue arabe donc, en principe, au courant des us et coutumes. De plus, comme il ne s'agit que d'une clientèle minoritaire, le coût d'abonnement sera assez élevé, ce qui limite la curiosité, malsaine ou non.

Mais revenons au contenu. Qui sommes-nous pour juger de ce qui doit être diffusé ou non? Oui, on a montré des décapitations en direct sur Al-Jazira, spectacle peu ragoûtant auquel nous ne sommes pas habitués, à part quand il s'agit d'effets spéciaux créés dans les studios d'Hollywood. Nos morts, ce sont les salons qui s'en occupent et l'incinération a rendu le contact avec ceux-ci encore plus improbable. Dans la plus grande partie du monde, la mort fait partie du quotidien, est normale au même titre que la vie. Cette peur de la mort des occidentaux, les kamikazes l'ont bien comprise!

Quant aux interviews et témoignages imprégnés de racisme, il suffit d'écouter ou de lire des personnages comme les néocons américains pour se rendre compte que notre société est aussi raciste, malgré la tendance "politically correct" qui cache ses dégoûts sous une politesse indécente, laquelle utilise des expressions choisies comme "minorités visibles", terme qui ne veut rien dire pour les non-inités ("mionorités visibles", est-ce que ce sont ceux atteints par les poux, une minorité visible parce qu'elle se gratte continuellement??).

Pour en revenir au CRTC et à son refus de diffuser RAI, il est évident que l'on protège des intérêts financiers. Oui, la chaîne Telelatino propose des extraits de RAI. C'est comme si on disait que Radio-Canada et les autres étaient inutiles car TV5 présente des émissions québécoises. De plus, Telelatino couvre aussi les chaînes espagnoles et portugaises. La communauté italienne qui a une place particulièrement importante au Québec et depuis longtemps, n'aurait-elle pas droit à sa propre chaîne? Surtout que ce serait elle qui en assumerait les coûts?

Je crois sincèrement que, malgré les abus intolérables de CHOI, il est temps de remettre en question le rôle du CRTC. Notre pays,que ce soit le Québec ou le Canada, s'est fait apprécier par son ouverture aux autres cultures et il serait désastreux de tomber de bifurquer sous prétexte d'une "rectitude politique" à l'image de celle de nos voisins du sud qui refusent de laisser voir les cercueils en provenance d'Irak.

Hydro-Québec déconnectée

hydro.gif

''Au Québec, le gisement éolien serait comparable à celui de l'Arabie Saoudite en pétrole...''

Cliquez l'image pour lire l'article...

- Le Nouvelliste, 9 juillet 2004

Retrait de la licence à CHOI-FM : une décision raisonnable

Nous avons reçu ce texte de Martin Dupuis, qui traite du sujet le plus controversé de la semaine: la fermeture de CHOI par le CRTC. Nous vous invitons, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

Retrait de la licence à CHOI-FM : une décision raisonnable.

La décision du CRTC de refuser le renouvellement de licence à CHOI-FM à Québec lance un débat de fond sur la liberté d'expression au pays. Devant l'importance de la décision et de ses répercussions immédiates et futures, le premier geste à poser est sans doute de lire le détail de la décision du Conseil pour en comprendre le raisonnement et les justifications.

Des limites à la liberté d'expression

Comme la décision du conseil repose avant tout ñ mais non exclusivement ñ sur des considérations liées au contenu de la programmation de CHOI-FM, la question fondamentale dans tout le débat qui s'amorce est la suivante : dans une société qui se veut démocratique, la liberté d'expression doit-elle être absolue ou peut-elle être contrainte par des règles de droit ?

La Charte canadienne des droits et libertés, dont l'autorité et la légitimité démocratique sont largement ñ sinon unanimement ñ reconnues, offre la réponse officielle acceptée aussi bien par les tribunaux, les gouvernements, et les institutions que par les particuliers au Canada.

L'article 2 de la Charte définit la liberté d'opinion et d'expression comme une liberté fondamentale pour chacun. L'article 1 détermine toutefois que des règles de droit, dans des limites raisonnables dont la justification peut être démontrée, peuvent restreindre les droits et libertés protégés par la Charte.

En se référant notamment à la Loi sur la radiodiffusion et ses règlements, à la Charte canadienne des droits et libertés, et aux conditions de la licence accordée à Genex pour sa station CHOI-FM, le CRTC articule hors de tout doute sa décision sur des règles de droits.

Reste donc à savoir si le retrait de la licence constitue une contrainte raisonnable à la liberté d'expression de Genex et de ses animateurs, et dont la justification peut être démontrée.

En ce qui a trait à la justification de la décision, le document de 37 pages rendu public le jour même de la décision est on ne peut plus explicite en regard à la démonstration des motifs de la décision du CRTC.

La révocation de la licence est-elle raisonnable ? Une suspension aurait-elle été préférable ? des conditions de licences pour une prolongation de durée limité auraient-elles permis de corriger la situation ? Le CRTC répond à chacune de ces interrogations avec force détail. Son analyse de la situation et des représentations menées par Genex tout au long du processus d'audiences publiques le porte à conclure que :

"Le conseil estime que tout ce qui précède remet en question la crédibilité de Genex et de son actionnaire de contrôle, seul administrateur et président directeur général, M. Patrice Demers, à l'égard de la capacité de Genex de comprendre et d'exercer les responsabilités qui lui sont confiées par la Loi à titre de titulaire d'une licence de radiodiffusion. La gravité et la fréquence des infractions relevées, le fait qu'il s'agit de récidive, le comportement de dénégation générale affiché par la titulaire, les mesures dilatoires qu'elle a utilisées dans le traitement des plaintes tout au long de la présente période de licence ont convaincu le Conseil que Genex n'accepte pas ses obligations réglementaires et n'a pas la volonté de s'y conformer."

´[...] Le conseil en conclut également que les mesures à sa disposition, tel un autre renouvellement à court terme, l'émission d'une ordonnance ou la suspension de la licence ne seraient pas efficaces pour contrer les problèmes constatés."

Respecter nos valeurs démocratiques

Les détenteurs de licences de radiodiffusion jouissent d'énormes privilèges que vous et moi n'avons pas. Parce qu'on leur offre un micro et des ondes publiques, ils portent de facto une importante responsabilité, et l'on est en droit de s'attendre d'eux qu'ils soient dignes de notre confiance.

Ainsi, il y a ce que l'on dit, et la manière de le dire. Il y a les idées, et les mots choisis pour les exprimer. Dans sa décision, le CRTC envoie d'abord un signal clair que toutes les formes de discours ne sont pas égales, et que certaines sont tout à fait inadmissibles. Les lois et la jurisprudence reconnaissent d'ailleurs que dans le cas des secondes, des limites peuvent être imposées à la liberté d'expression.

Alors qu'on dénonce souvent les organismes de réglementation quasi-judiciaire pour leur mollesse et leurs incapacité à défendre l'intérêt commun, ou à faire respecter la réglementation en vigueur, il faut se réjouir de voir le CRTC utiliser ses pleines prérogatives et indiquer au monde des médias que la préservation du privilège d'exploiter les ondes publiques nécessitent davantage que de tièdes énoncés d'intentions à effets dilatoires, et qu'elle ne saurait être accordée dans un contexte de mépris des exigences dont sont assorties les licences délivrées.

Martin Dupuis

Hydro-Québec réclame une autre hausse de tarifs

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Hydro-Québec réclame une autre hausse de tarifs

Les clients d'Hydro-Québec doivent se préparer à la possibilité de subir une autre hausse de tarifs le 1er avril prochain, une troisième en un peu plus d'un an.

La société d'État a en effet demandé hier à la Régie de l'énergie d'entreprendre l'examen de cette nouvelle hausse, dont l'ampleur n'a toutefois pas été précisée. Cependant, Hydro-Québec semble considérer l'hypothèse d'une augmentation de 2 pour cent.

Après cinq années de gel, Hydro-Québec a demandé et obtenu deux augmentations de ses tarifs cette année: 3 pour cent en janvier et 1,41 pour cent en avril.

La Régie prendra une décision sur la nouvelle demande après avoir établi les revenus requis par Hydro-Québec Distribution pour atteindre un taux de rendement de 9,4 pour cent.

juillet 15, 2004

La magasinite

Dans ce merveilleux monde de la consommation à outrance, les temples qui servent à ce nouveau type de dévotion sont souvent plus accessibles que les services de première nécessité comme les hôpitaux. Quelle absurdité!

Je me rappelle de la discussion sur l'ouverture des magasins le dimanche, l'on nous promettait que cela créerait de l'emploi, que ça profiterait à l'économie. Beaucoup en doutaient, avec comme arguments principaux que les gens n'auraient pas plus d'argent à dépenser et que les petits commerces ne pourraient se permettre d'engager des employés supplémentaires.

À l'époque, je travaillais dans une boutique appartenant à une grosse chaîne, soit Aldo. Cela n'a créé aucun emploi chez nous. Et il est devenu plus difficile de balancer les horaires selon l'achalandage pour que chaque employé à commission ait sa part du gâteau.

Et voilà que le débat est relancé, ou plutôt, voilà que les multinationales dictent leur loi une fois de plus, avides qu'elles sont de nous soutirer le moindre sou. Leur prétexte? Mieux servir le consommateur. Et comment! Avec des employés épuisés, privés de leurs loisirs et dont la paye va peut-être diminuer car les achats seront encore plus répartis à différentes périodes de la journée.

Quand prendrons-nous conscience de l'esclavage volontaire dans lequel nous nous sommes engagés?

Je vis en Europe depuis 4 ans et j'avoue qu'à mon arrivée, en Nord-Américaine mal dégrossie, je trouvais frustrant et stupide que les magasins ferment au plus tard à 20:00 la semaine (dans le centre-ville car ailleurs c'est plus tôt) et qu'ils ne soient ouverts que le samedi, de 09:00 à 16:00. Je me suis rivée le nez quelques fois sur la porte avant d'assimiler ce fait.

Je me suis rapidement mise au rythme allemand, planifiant mieux mes courses et profitant à 100% de mon dimanche pour relaxer. Au point que ne souffre aucunement de cette limitation.

Au contraire, je me suis mise à envier la douceur de vivre méditerranéenne lors des séjours que j'y ai faits, région où il est inutile de chercher quoi que ce soit d'opérationnel lors de la sieste de l'après-midi, entre 13:00 et 15:00. Eux savent comment profiter de la vie! Lorsque le soleil plombe, tout s'arrête à part les terrasses où les gens vont savourer leur léger dîner à l'ombre d'un parasol.

Nous savons tellement peu comment gérer notre temps! L'Europe m'a beaucoup enseigné là-dessus.

Par exemple, l'épicerie. Quand j'ai vu la grosseur du réfrigérateur fourni avec mon appartement, je me demandais comment je ferais pour y caser l'épicerie d'une semaine (et même, lorsque j'étais au Québec, de 15 jours). C'est un frigo comme ceux qui équipent les chambres de motel et le compartiment congélateur suffit à peine pour le contenant de crème glacée, un filet de poisson et un sac de légumes surgelés.

J'ai donc adopté la mode européenne qui consiste à arrêter au marché (ou l'épicerie) sur le chemin du retour. Comme tout le monde fait cela, il n'y a pas de files interminables à la caisse donc, au bout du compte, je sauve du temps. De plus, j'achète exactement ce que j'ai le goût de manger, ce qui évite le gaspillage. Mieux encore, je mange toujours frais.

Quand je reviendrai dans la Belle Province, j'ai l'intention de conserver cette habitude, plus saine sur tous les points à mon avis. Je vois ça comme une sorte de résistance passive à cette vague qui nous pousse à courir sans s'arrêter pour savoir POURQUOI nous sommes si pressés.

juillet 12, 2004

L'élection présidentielle américaine aura-t-elle lieu ?

Et si l'administration Bush décidait d'annuler l'élection présidentielle de novembre 2004 pour une "raison d'urgence" ? Plusieurs commencent à s'en inquiéter. À ce sujet, lire cet article (en anglais) :

A Scheme to Cancel the Elections?

Actualité et altérité

Le profil d'un certain état des choses, la banalisation de la bêtise, a probablement toujours été. Mais voyez aujourd'hui. Depuis Bush, le mensonge n'est plus un mensonge. Il est mensonge d'État, ce qui n'est pas un mensonge. Toutes les portes sont fermées: IronGate, Watergate, Enrongate, Irakgate, Torturegate; Guantanamo, le Patriot Act, tout cela des signes ou des symptômes ou la maladie elle-même; et la torture n'est plus la torture. En somme, le groupe Bush a détruit la Constitution américaine. Bush va balayer la Cour Suprême qui vient de le désavouer en affirmant essentiellement que le pouvoir du Président n'est pas absolu et ne peut l'être. Soit les États-Unis de Bush ou le pays de Washington. Est-ce que les états-uniens sont devenus amnésiques? On sait qu'ils sont obèses.

Passons à quelque chose de plus abstrait: la science. J.P. Pleau, sociologue et agent de recherche au INRSM nous souligne que la science n'est plus la science (Le Devoir, 12 juillet): la connaissance est sous l'empire des intérêts économiques: aliénation des chercheurs par les employeurs (l'auteur n'emploie pas le mot aliénation). A lire M. Venne et Jacques Beauchemin dans la même édition on peut percevoir entre les lignes le même constat. La question est ìénaurmeî: la connaissance n'est plus la connaissance. C'est comme si j'écrivais 1=/ 1 (un n'égale plus un). C'est simple, mais rien à se pavoiser dira l'indifférent de la masse (l'individu se fond dans la foule ou la masse!).

Et Sharon? Sur lui, de lui, on ne peut rien dire, car tout égale un anti, selon la logique suivante. Israël = Sharon = juif = raison = vérité. Le droit international n'est pas le droit international; la cour suprême d'Israël n'a pas le droit de ...

Clinton, mille dollars par page. La question, ici, c'est qu'est-ce que la sexualité? Hefner a sept femmes, mais c'est un petit garçon qui joue avec son zizi. Il y a le voile là-bas; ici, le dé-voile. Devant, il y a le mâle, le mécanicien phallique obsédé par son outil. Se demande-t-on quel est le problème de l'heure? Enigme; 1 n'est plus 1, donc 2 n'existe pas. Ce petit théorême nous invite à répondre à l'aporie.

En d'autres termes: en clair, ce n'est pas possible. La Constitution ne peut s'appuyer que sur un bien commun qui a été négocié. Celle-ci renvoie à une logique de l'échange: entre celui-ci et celui-là, celle-ci et celui-là, etc., pour aboutir à 1 = 1 (parce qu' il y en a deux; ça n'en prend deux pour faire 1). Ce qui signifie qu' il est possible de quitter l'Un (moi, moi, moi) pour que l'espace entre (l'objectal) puisse exister. En passant, c'est tout le mouvement de la connaissance: qu'est-ce que c'est? Avant de dire c'est à moi, c'est pour moi ça. Plutôt que le je le réduis à moi en état de m'engrossir, le grenouillage des intérêts (je me gonfle, je me gonfle). Plutôt que le je me mur, de mur à mur; je me ceinture, je ferme, m'enferme en l'Un. (Le peit garçon états-uniens: je joue avec mon zizi. Zizions).

Sociologue inc. ou la recherche en partenariat

Plusieurs l'ont déjà constaté, certains avec regret, d'autres avec joie, l'ère des grandes recherches théoriques en sociologie tire à sa fin. Tendanciellement, le sociologue devient un agent de solution, voire le technicien expert du problème social. C'est d'ailleurs en ce sens qu'on le mandate et qu'on le contracte pour une durée de plus en plus déterminée : il doit régler un problème. Et hop, au suivant. Comme dans la chanson de Brel. Or, le sociologue et la sociologie seraient-ils à la dérive ? Large question.

Mais, diront certains, peut-être ne s'agit-il là simplement que d'une évolution du métier de sociologue. Cela se peut. Néanmoins, il m'apparaît essentiel de questionner la manière dont s'effectuent désormais les recherches et auxquelles participent ces "nouveaux" sociologues, sans oublier le contexte global dans lequel elles s'inscrivent.

Partenariat ?

Depuis quelques années, les recherches en sociologie s'effectuent désormais presque exclusivement en partenariat, cela pour diverses raisons et contraintes, dont plusieurs de nature financière. Ainsi, la solidarité sociale a beau être menacée dans nos communautés disent plusieurs sociologues, celle entre chercheurs, gouvernements, compagnies privées et acteurs communautaires se porte plutôt bien. En fait, peut-être même un peut trop.

Il y a quelque temps, alors étudiant au baccalauréat en sociologie, un professeur me raconta, scandalisé, avoir été contraint à biffer un chapitre de même qu'une partie de la conclusion d'une enquête, jugés trop critiques, sous la menace de voir son rapport final ne jamais être publié et son financement éventuel, lui, être sérieusement compromis. L'étude avait été commandée et financée par une importante compagnie privée ou, autrement dit, par un partenaire, et soutenue par le gouvernement du Québec.

Parallèlement, créatifs et débordants d'idées novatrices, de jeunes candidats au doctorat en psychologie de nos universités doivent régulièrement revoir de fond en comble leurs projets de thèse lorsque ceux-ci, souvent largement financés par des géants de l'industrie pharmaceutique, vont à l'encontre de l'idéologie de ces entreprises. Mais, diront certains, cela est bien connu. L'entreprise privée ne cherche qu'à survivre, voire qu'à croître. Alors, pourquoi s'en étonner ?

Mais, si l'État, les universités et les acteurs communautaires, pour ne nommer que ceux-là, jouaient la même partie, que dirions-nous ? Crierions-nous davantage au scandale ? Eh bien, sachez que c'est exactement ce qui se passe actuellement dans plusieurs recherches québécoises effectuées en partenariat entre chercheurs et bon nombre de ces acteurs. Non seulement certains thèmes, jugés trop critiques ou tabous, ne sont carrément pas financés, d'autres, jugés plus tendance, le sont, mais avec des conditions particulières et des lois non écrites.

La science par la fenêtre

Un exemple de ces conditions. Des chercheurs doivent constituer l'échantillon de leur enquête sur des organismes communautaires québécois. Les partenaires de la recherche, un regroupement institutionnel d'organismes communautaires - eux-mêmes objet de l'étude donc -, exigent, au nom du partenariat, de participer à la construction de l'échantillon. Or, n'y a-t-il pas là un danger de dérapage éthique, d'influence potentielle des résultats et de récupération de l'étude pour des fins de capital social et politique ? La réponse est, et elle s'impose d'elle-même : tout-à-fait.

Un second exemple. Un assistant de recherche souhaite inclure, dans un rapport d'enquête sur la conciliation travail-famille, des recommandations critiques à l'égard de la politique familiale du gouvernement québécois. Toutefois, il est contraint par le chercheur principal de ne pas les intégrer puisque le ministère de l'emploi, de la solidarité sociale et de la famille est le partenaire officiel de l'étude en la finançant. Le professeur, dans ce cas-ci, est-il un sociologue ou un business man ? La question intéresse.

Un troisième exemple devrait suffire. Un professionnel d'un centre de recherche universitaire en sociologie travaille en partenariat avec un organisme communautaire qui se consacre aux problèmes de l'itinérance. Dans une étude, le chercheur constate que le nombre d'itinérants du quartier desservi par l'organisme diminue considérablement. Or, puisque les subventions de l'organisme dépendent de la présence d'itinérants sur son territoire, le professionnel de recherche doit donc, sous la pression de l'organisme, majorer virtuellement dans son rapport le nombre d'itinérants afin que l'organisme en question puisse continuer de toucher son financement, voire d'exister. Le constat est stupéfiant.

Et je n'invente rien, c'est pourtant bien ça le plus triste de l'histoire.

Néanmoins, plusieurs chercheurs et étudiants en sociologie de même qu'en sciences sociales connaissent l'existence de ce phénomène en pleine expansion. Mais, sous la crainte de perdre un contrat de recherche ou encore, d'être vilipendé par un collègue ou un professeur, c'est l'Omertà. Résultat : on assiste, anesthésié par l'état de nos conditions précaires, à une production industrielle ainsi qu'à une mise en tablette d'études orientées, nettement subjectives et instrumentales, les uns comme les autres davantage préoccupés que nous sommes par la prochaine demande de subvention à remplir qui assurera d'éventuelles rentrées d'argent que par la qualité des recherches produites. Ainsi, les professeurs, les chercheurs et les titulaires de chaires sont devenus des gestionnaires de PME intellectuelles. Les étudiants et les agents de recherche, eux, les employés de la shop. Et soucieux de trouver une légitimité à de pareilles circonstances, on se dit, tous en chúur et à la lumière des saucisses Hygrade, que les études sont bonnes parce qu'il s'en publie beaucoup et qu'il s'en publie beaucoup parce qu'elles sont sans doute très bonnes.

Toutefois, un regard lucide sur la question mène au constat suivant : le sociologue et la sociologie voguent à la dérive. Cette bouteille à la mer lancée aujourd'hui trouvera-t-elle quelconque appui auprès des communautés intellectuelle et estudiantine ? Il me semble entendre Fernand Dumont le souhaiter du haut des cieux.

Léo Ferré disait que le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé. Le sociologue d'aujourd'hui aussi. Et hop, la science par la fenêtre.

juillet 09, 2004

Suite à l'annonce du développement du Suroît

Nous avons reçu ce texte parodique de Éric Plourde. Il nous fait plaisir de le publier ici, en vous invitant comme toujours à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

Suite à l'annonce du développement du Suroît

Presse canadienne - 8 juillet 2004

Devant le feu vert de la Régie de l'énergie du Québec face à la possibilité de développement de l'électricité produite par des centrales thermiques, le ministre des ressources naturelles du Québec, M. Corbeil, a rencontré hier un des grands spécialiste de la houille et propriétaire de mines de charbon, M. Sal Bandee, de Nouvelle-Écosse. Ce dernier était accompagné d'autres experts en la matière, dont le Québécois Richard - Dick pour les imtimes - S. Hucker, qui a travaillé plus de 30 ans dans le charbon.

L'attaché de presse du ministre québécois nous a fait part que, devant la nouvelle souplesse du gouvernement provincial devant le cartel de l'énergie fossile, certains dirigeants d'entreprises opportunistes n'auraient pas pu laisser filer une telle occasion de partager leur savoir-faire et leur technologie aux Québécois, jusqu'ici dépendant cruellement de l'hydro-électricité et "misant sur une technologie peu fiable", selon Hucker, de l'éolien.

Interviewé par notre journaliste, messieurs Hucker et Bandee ont immédiatement vanté les mérites du charbon et sa place unique dans l'histoire de l'Amérique.

- "Les Américains connaissent leur affaire! Plus de 51% de l'électricité aux États-Unis est produite par des centrales thermiques alimentées au charbon. C'est de loin supérieur au nombre de centrales au gaz! Il faut suivre notre voisin dans ses choix énergétiques ou sinon nous allons nous isoler politiquement. Sans compter que le charbon a permis d'unifier le pays en

faisant avancer les locomotives du transcontinental" a affirmé Hucker.

- "Oui, ce serait merveilleux pour l'unité canadienne! Les mines de charbon des Maritimes alimenteraient le Québec! Et pensez aux immigrants qui pourraient y oeuvrer pour pas cher! Une aubaine pour l'intégration!" a renchéri Sal Bandee.

- "Nous avons là quand même une occasion unique de nous affranchir du pétrole de l'Alberta et de ne pas se retrouver avec des revendications autochtones suite à des pertes de territoires inondés. De plus, ce choix se module bien à notre décision de diversifier les sources d'énergie pour garantir notre sécurité énergétique. Si le Québec est au bord du précipice du point de vue de l'efficacité énergétique, la construction de centrales thermiques au charbon lui fera faire un grand bond en avant!" a déclaré le ministre Corbeil.

- "Oui, et quand les charbon remplacera l'hydro-électricité, on pourra vendre l'eau aux Américains, à l'Ouest et aux Arabes!" a terminé Hucker.

Malheureusement, l'entrevue a été interrompue par une interminable quinte de toux qui a surpris M. Hucker et une crise d'asthme impromptue chez M. Bandee.

---

Pour le 51% de l'électricité produite par la combustion du charbon aux États-Unis, c'est une véritable statistique.

Pour voir la position de TransCanada, l'entrerprise chargée du développement de la centrale cogénération à Bécancour, face au protocole de Kyoto, allez à cette adresse :

http://www.transcanada.com/social/environment_climate.html

Leurs propositions face à l'amélioration de l'environnement:

http://www.transcanada.com/social/environment.html

Des systèmes de gestion et des programmes. Donc... rien de concret.

Eric Plourde

juillet 08, 2004

Confession d'un bourreau

La confession d'un bourreau ne vaut rien ou à peu près rien. Depuis l'époque de la sainte inquisition, on sait qu'elles ne sont pas crédibles ou très peu crédibles les confessions soutirées par la torture; pour la pure et simple raison que la douleur convertit n'importe qui en un grand romancier.

Par contre, le système du pouvoir révèle son vrai visage à travers les tortures qu'il inflige. Dans les chambres de la tourmente, ceux qui commandent laissent tomber leur masque.

C'est ainsi que cela se déroule en Irak. Prenons l'exemple suivant: pour s'approprier l'Irak, en dépit des Irakiens et contre les Irakiens; les troupes de l'occupation agissent avec réalisme: ils prêchent la démocratie, la liberté, la torture et le crime deviennent monnaie courante. Qui cherche une fin, trouve les moyens. Ou est-ce que par hasard, quelqu'un peut-il croire qu'il existe une autre manière de piller un pays?

Le reste n'est simplement qu'un grand théâtre: les cérémonies, les grosses déclarations, les discours, les promesses et le transfert de la souveraineté, qui ne fait que passer des mains des Américains aux mains des Américains. Il advient que le pouvoir ne dit pas ce qu'il dit. Par exemple: quand il dit "terrorrisme en Irak", maintes fois il devrait dire au lieu: "résistance nationale contre l'occupation étrangère".

***

Quand les photos ont été faites publiques et que le scandale a éclaté, les sommets du pouvoir politique et militaire ont chanté en choeur les psaumes de leur auto-absolution:

* "ce sont des cas isolés"

* "ce sont des cas pathologiques"

* "ce sont quelques pommes pourrites"

* "ce sont des pervers qui déshonorent l'armée"

Comme d'habitude, l'assassin met la faute à son couteau.

Mais ces soldats ou policiers qui font "péter les plombs" au prisonnier avec des décharges électriques ou en lui submergeant la tête dans la merde, ou en lui fendant le cul, ne sont que de simples instruments: des fonctionnaires qui gagnent leur pain comme si c'était une "job" de bureau. Quelques-uns travaillent avec répugnance et d'autres avec ferveur comme ces enthousiastes femmes qui se photographiaient la tronche pendant qu'ils torturaient et humiliaient des Irakiens. Tout ça, comme si ce fût des trophées qu'ils ont gagnés dans une partie de chasse. Mais toutes ces apathiques et ferventes personnes sont "les bureaucrates de la douleur", qui agissent au service d'une gigantesque machine à poinçonner la chair humaine. Fous? Pervers? Peut-être; mais leur alibi pathologique n'absout pas l'impérialisme qui a besoin de la torture pour assurer et agrandir sa domination, parce que ce pouvoir est plus fou qu'on le croit et est beaucoup plus pervers que les instruments qu'il utilise. Cela n'a rien d'anormal qu'un pouvoir atrocement injuste utilise des méthodes atroces pour se perpétuer.

***

Il n'y rien d'anormal aussi que ces méthodes ne soient pas désignées pas leur vrai nom. L'Europe sait que ce sont les Américains les capitaines du bateau et eux, de simples matelots. Dans la déclaration de l'Union Européene contre les tortures en Irak, il n'a jamais été question du mot "torture". Cette désagréable expression a été substituée par le mot "abus". Bush et Blair ont parlé "d'erreurs". Les journalistes de CNN et de d'autres moyens de communication n'avaient même pas le droit d'utiliser ce mot interdit.

Il y a des années, pour que les prisonniers palestiniens soient légalement triturés, la cour suprême d'Israel avait autorisé "des pressions physiques modérées". Les cours de tortures que depuis longtemps reçoivent les officiers latinos-américains à l'École des Amériques se dénomment: "techniques d'interrogatoire". En Uruguay, pays qui a été champion mondial en la matière durant les années de la dictature militaire, les tortures se dénommaient et se dénomment encore: "contraintes illégales".

Selon Amnistie Internationale, la vente d'appareils utilisés pour la torture dans le monde est une brillante "affaire" pour quelques entreprises privées des États-Unis, de l'Allemagne, Taiwan, la France et d'autres pays, mais ces produits industriels sont des "moyens d'auto-défense" ou "du matériel de contrôle pour contrer la délinquance".

***

En échange, si le mot "torture" a été mentionné avec toutes ses lettres, les enquêteurs qui ont interrogé la population des États-Unis en 2001, peu après l'écroulement des tours du World Trade Center. Et presque la moitié de la population, soit 45%, ont répondu que la torture ne leur semblait pas mauvaise si on l'applique contre les terrorristes qui nient de divulguer ce qui savent.

Par contre, six ans auparavant, jamais personne n'aurait songé à torturer Timothy McVeigh quand celui-ci a refusé de donner les noms de ses complices.

La bombe que McVeigh a posé à Oklahoma a tué 168 personnes, incluant de nombreuses femmes et enfants, mais il était "blanc", n'était pas musulman et avait été décoré dans la première invasion contre l'Irak, où il apprit à cuisiner du pâté humain.

***

Contre le terrorisme, tout est valable. Le président Bush l'a proclamé maintes fois, et son éco Blair l'a corroboré à maintes reprises aussi. Les deux continuent à fêter le succès de leur croisade. Ils continuent à dire: "le monde est maintenant un lieu plus sécuritaire"; quand tout au contraire, leur violence génère plus de violence, qui en génère d'autre et puis d'autre, et encore plus et etc., etc., etc....

***

Guantanamo est le symbole du monde qui nous attend. 600 suspects, dont quelques-uns sont mineurs, languissent dans ce camp de concentration. Ils n'ont aucun droit. Aucune loi les protège. Ils n'ont pas d'avocats, ni de procès et même aucune sentence officielle, rien de rien. Personne ne sait rien d'eux; eux ne savent rien de rien. Ils survivent dans une base navale que les États-Unis ont volé à Cuba. On suppose que ce sont des terroristes. Bref, qu'ils le soient ou pas, c'est un détail qui n'a aucune importance.

C'est à cet endroit que Ricardo Sanchez a testé 32 manières ou techniques de tortures nommés: "tactiques de pressions et d'intimidations" et qui ont été ensuite mises en application en Irak.

***

Depuis la chute des tours du World Trade Center, la torture a eu de nombreux éloges. Un bombardement d'opinions juridiques et journalistiques s'est déclenché en faveur de ces méthodes de violence institutionelles, quoique jamais, ou presque jamais, ils aient appliqué les vrais termes. Ces apologies de l'infamie, qui proviennent du pouvoir établi, ou de sources immédiates, soutiennent que la torture est légitime pour défendre la population, démunie face à cette "terrible" menace qui les hantent; car il y a des moyens de lutte morale qui semblent douteux et qui résultent inévitables contres les "sans-scrupule" assassins qui pratiquent le terrorisme et le fomente et dont jamais on entend une part de vérité.

Mais si c'était vraiment ainsi, qui devrait-on torturer? Qui sont les hommes qui ont le plus menti au 21e siècle? Qui sont ceux qui ont tué le plus d'innocents sans aucun scrupule dans leur guerre terroriste contre l'Afghanistan et l'Irak? Qui sont ceux qui ont le plus contribué à propager le terrorisme dans le monde?

***

Maintenant, les gens surpris et indignés abondent, mais la torture n'a pas été utilisée comme ça par hasard ou parce qu'une erreur a été commise contre le peuple irakien. Les troupes de l'occupation l'ont employé comme en était la coutume tout en sachant ce qu'ils faisaient et pourquoi ils le faisaient. Et ce, en exécutant simplement des ordres qui venaient d'en-haut.

Pourquoi? Bref, il n'y a jamais eu de preuve que la torture ait été utile pour éviter les attentats terroristes. Dans le cas d'Irak, elle n'a même pas été utile pour capturer les fugitifs des plus importants. Même pas le plus important: Saddam Hussein. Il ne s'est même pas fait prendre grâce à la torture, mais plutôt grâce à l'argent qu'on proposait à un mouchard.

La torture arrache des informations qui ont peu d'utilité et des confessions d'une improbable véracité. Pourtant, elle semble efficace! C'est pour cela qu'ils l'ont appliquée et continuent de l'appliquer: ce qui est efficace est bon, selon les valeurs qui dominent le monde. La torture est efficace pour punir l'hérésie et humilier les dignités et surtout, elle est efficace pour semer la peur. Les moines de la sainte inquisition en savaient beaucoup sur l'efficacité que la torture apportait. Les chefs guerriers des aventures impériales de notre époque en savent tout autant: le pouvoir établi n'emploie pas la torture pour protéger la population, mais plutôt pour la terroriser.

Est-elle si efficace comme le pouvoir le prétend???!!!!

Traduction faite par:Estebanxis

Texte:Eduardo Galeano/ www.rebelion.org

juillet 07, 2004

L'affaire Guindonville : un an déjà !

guindonville pellemecan.jpg

Le 10 juillet prochain, les expropriés de Guindonville vont commémorer le premier triste anniversaire de la démolition de leur maison au mois de juillet 2003 (voir ce site pour un rappel des événements).

On se souviendra comment la municipalité avait agit avec arrogance et négligence dans ce dossier, mettant à la rue en pleine crise du logement sept ménages qui vivaient dans autant de petites maisons à loyer modique. La supposée urgence de construire un stationnement d'accueil pour un parc montre un an plus tard toute sa scandaleuse absurdité alors qu'un cimetière de boue à peine praticable fait en ce moment office de stationnement et que le parc en question ne verra probablement jamais le jour.

Vous êtes donc tous conviés samedi le 10 juillet à midi à la petite gare de Val-David pour un grand pique-nique suivi vers 13h d'une marche symbolique pour rappeler les événements de Guindonville et l'importance du logement social avec entre autre François Saillant du FRAPRU.

Si vous avez besoin d'un lift pour monter à Val David, contacter le FRAPRU qui a nolisé deux autobus. Vous pouvez aussi appeler au 596-1017 pour un lift en auto (places limitées!).

EFFETS DE SERFS

´[Le Suroît] est un projet propre mais qui émet des gaz à effet de serre.ª

Alain Dubuc, chroniqueur confus aux idées claires et limpides.

La Presse, Le Soleil, La Tribune, Le Droit, Le Nouvelliste...

7 juillet 2004

Je prédis que Claude Picher sortira bientôt une étude conjointe de l'I.E.D.M. et de l'Institut Fraser nous prouvant les bienfaits de la pollution sur la santé...économique, bien sûr.

Parcs éoliens vus d'Europe

Nous avons reçu ce texte, signé Arwenwitch, qui traite de l'énergie éolienne. Nous vous invitons, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

Parcs éoliens vus d'Europe

Depuis que le débat est lancé sur les éoliennes, j'entends toutes sortes d'absurdités de la part de certains intervenants dans les médias québécois: cela défigure le paysage, c'est bruyant, inefficace, coûteux, etc. Je vis en Allemagne depuis 4 ans, et ce pays est considéré comme celui ayant développé la meilleure expertise en la matière. Permettez-moi de partager mon expérience avec vous.

Jamais je n'oublierai la première fois où j'ai vu un parc d'éoliennes. C'était peu après mon arrivée sur le sol européen, dans la campagne néerlandaise, au nord-est du pays. Voilà que des champs étaient transformés en volières à ciel ouvert, avec leurs grands oiseaux blancs se découpant sur l'horizon, leurs ailes déployées majestueusement. J'étais fascinée et, dès que l'opportunité s'est présentée, j'en ai approché jusqu'au pied d'une éolienne. Quelle surprise!! Le sourd "vouf-vouf" des pales fendant l'air et le faible bourdonnement à peine perceptible à travers les bruits ambiants n'indiquent en rien que l'on a affaire à une puissante génératrice.

En 4 ans j'ai bourlingué pas mal sur les routes allemandes et les champs d'éoliennes font partie du paysage et on s'y habitue de la même manière qu'aux pilônes des lignes à haute tension (qui sont beaucoup moins élégants à mon avis). En Allemagne, il y en a plus 16,000 (chiffres de 2003, dans ce pays 4 fois plus petit que le Québec) et elles produisent 14,600 MW, soit l'équivalent de 12 centrales nucléaires. Beaucoup de petits villages sont entièrement alimentés à l'énergie éolienne.

Quand au coût, n'attendons pas de payer les combustibles fossiles aussi cher que le paient les européens avant de commencer à développer des sources d'énergie renouvelable, que ce soit en dollars ou en problèmes environnementaux...

Pour en savoir plus sur l'énergie éolienne en Allemagne et obtenir des arguments solides face à ses détracteurs:

Site de la Bundesverband WindEnergie e.V. (L'association allemande de l'énergie éolienne), le puissant lobby qui travaille aussi bien à l'échelle europénne (UE) qu'en Allemagne:

(**lien vers la version anglaise)

http://wind-energie.de/englischer-teil/english.htm

Windmesse (La "foire de l'éolien")

Site où on retouve toutes sortes d'informations, des fabricants aux utilisateurs en passant par les expositions et les publications:

(**lien vers la version anglaise)

http://www.windfair.net/

N'oublions pas un site 100% québécois:

http://quebec-vert-kyoto.org/

Arwenwitch

juillet 06, 2004

Autrement dit... sur l'éducation encore

On ne semble pas comprendre au Québec que c'est par le biais des sciences dites humaines que l'on peut espérer faire connaître les cultures et les religions créées par les humains. Voici une réflexion détachée de la réalité immédiate et politique. Et pourquoi pas rêver... Peut-être que le Ministère partira en montgolfière pour découvrir que l'école a une dimension nuage. Tout n'est pas industrie. Est-on revenu à l'âge de pierre d'un certain 19ième siècle hanté par le productivisme?

Autrement dit... sur l'éducation encore.

De l'anthropologie à l'histoire, les démarches scientifiques s'appuient sur des interrogations qui, toutes, demeurent hors du contrôle de ce que l'on nomme religion ou mythologie. La grandeur de l'homo sapiens est dans cette capacité de questionner et de chercher ainsi que de négocier des modes de vie, donc d'articuler des ´valeursª et de les traduire concrètement dans des ´organisationsª de la vie.

Ce que l'école permet, en plus d'acquérir et de jauger les acquis en tous les domaines, c'est de poursuivre des interrogations, des recherches et parfois d'être créateur. L'école en ce sens est le lieu par excellence de toutes les libertés, de la liberté.

Elle met en question tous les pouvoirs établis, prisonniers de leurs ritualismes, des dogmatismes et des intérêts qui ne sont souvent pas axés sur les biens collectifs. Les sociétés, qui se meuvent dans des routines quotidiennes et cycliques (selon certains rythmes dont ceux sur lesquels elles n'ont pas de contrôle), justifiées par des mythes et des idéologies, ont toujours cherché à contrôler l'école afin qu'elle soit une ´entrepriseª de moulage, moule religieux chez la plupart, moules idéologiques chez tous. On l'a comparé aux grands rites d'initiation qui permettaient aux communautés humaines de se perpétuer de génération en génération.

Elle a commencé son émancipation lors des premiers grands questionnements des mythes et des visions du monde contrôlés par des cléricatures au service des pouvoirs établis. Et lorsque des créateurs et créatrices exploraient l'expression "humaine" au-delà des servitudes aux pouvoirs ´célestes et terrestresª.

Cependant, sa liberté intrinsèque a toujours été une menace, à tel point que des disciplines, des oeuvres, des inventions sont nées dans les marges, souvent dans cette zone dite asociale (pensons aux philosophes et savants exécutés ou bannis, aux créateurs exilés ou répudiés ou méconnus, etc.).

Depuis quelques siècles, l'effervescence de la découverte et des explorations de l'ensemble du monde, de notre monde, et de l'univers, ainsi que la complexification des modes de vie et des interdépendances, favorisent l'émancipation de l'école et placent toute société dans une situation paradoxale: intégrer à sa vie et ses modalités d'organisation de la vie un ´espace de libertéª, l'école, en espérant que les "forces" de questionnement et de création rejaillissent sur l'ensemble de la société. C'est un grand pari, car la socialisation est loin d'être un mode de ´reproductionª de l'identique - on pourrait utiliser la métaphore du clonage - le bon citoyen responsable, conformé, consommateur et producteur selon et selon le préétabli du ronron social. La socialisation n'est possible que dans et par la négociation entre personnes souveraines, autonomes et libres. L'école, là, joue un rôle primordial. En d'autres mots, pour revenir au point de départ, on n'éduque pas ´à la religionª, on éduque à la liberté: l'éducation, ici et là, n'a pas le même sens.

Déserteur américain devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, les dés sont-ils pipés?

Demain, le soldat américain Jeremy Hinzman 25 ans passera devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada afin d'obtenir l'asile à titre d'objecteur de conscience, en raison qu'il a refusé d'aller se battre en Irak, prétextant que c'est une guerre injuste et qu'elle a été déclenchée sous de faux prétexte.

Il va être intéressant de voir si la Commission va rendre une décision impartiale ou si elle sera influencée par le pouvoir politique, en raison de la politique du gouvernement Martin de vouloir se rapprocher de l'administration américaine.

Surtout lorsque l'on considère que lors de la guerre du Vietnam, le Canada a accepté plusieurs déserteurs américains qui refusaient de participer à cette guerre.

Si la Commission décidait de déporter le jeune militaire, ce dernier risque 5 ans de prison et même la peine de mort pour désertion en temps de guerre.

juillet 05, 2004

Sûroit: OK, Go!

Je suis presque surpris: Feu vert à la centrale du Suroît

C'était sur, quand ils ont annoncé qu'ils voulaient construire cette centrale il y a quelques mois, les réactions du public et des écologistes ont été vives... Alors ils ont calmés le peuple en annoncant une étude de la Régie de l'Énergie et blah blah blah... Dans leur têtes, ils ont dû se dire "On va dire qu'on va faire une étude, pendant ce temps la poussière va retomber et on annoncera le résultat pendant les 2 semaines de la construction"... En sachant très bien le résultat de l'étude avant même qu'elle aie commencée, j'en suis sur!

Eh oui, temps bien choisi pour annoncer ce genre de nouvelle! En plein au début des vacances de la construction, TOUT le monde est vacances, le monde ne regarde plus la télé, on pense à autre chose... Même chez les médias c'est les vacances, on a qu'a écouter les bulletins de nouvelles à TQS, SRC et TVA pour voir les nouveaux reporters, les stagiaires et tous les remplaçants de remplaçants... Même ici sur La Tribu du Verbe y'a moins de monde que d'habitude. Alors, oui ils ont bien planifié leur affaires... Y'avait pas meilleur temps que la premiere semaine de juillet pour annoncer cette nouvelle sans trop se faire écoeurer.

Monsieur Caillé va pouvoir donner le gros contrat de gaz à Gaz Métro (son ancienne gang, il travaillait là avant). Gaz Metro vont pouvoir justifier le fait quils doivent exploiter le fond du St-Laurent pour suffire à la demande de gaz de leur clients... De toute facons, c'est bien plus payant de vendre notre jus aux States que de le garder ici, n'est-ce pas Monsieur Caillé!

Charest nous prouve encore que c'est un deux de pique (pour pas dire autre chose). On aura beau chialer, manifester ...

Bravo Monsieur Charest, bravo Monsieur Caillé! On pensera à vous quand nos enfants auront de la misère à respirer à cause de leur asthme et quand on dépensera des milliards pour contrer la pollution.

Dans 30 ans ils diront "On aurait dû"... Ah mais c'est vrai, dans 30 ans ce n'est pas leur problème... Ils vont être morts.

juillet 02, 2004

La face cachée de Coca-Cola

"Partout où nous faisons des affaires, nous nous voyons comme des compagnons de la société" Coca-Cola.

Produits, Marques

Les boissons de marques: Almdudler, Aquarius, Bonaqua, Bum, Cappy, Coca-Cola, Fanta, Kinley, Krest, Lift, Apfelsaftschorle, Mezzo mix, Minute Maid, Nestea, Powerade, Qoo, Romerquelle, Sprite appartiennent à Coca-Cola.

Données de la firme

Ventes (2002):19, 600 millions de euros

Bénéfices (2002): 4 milliards de euros

Personnel: 600 000 employés

Siège social: Georgie, USA.

Ils persécutent les syndicats avec des escadrons de la mort; ils exploitent les enfants dans les récoltes d'oranges; ils font de la discrimination raciale.

Après le mot "o.k.", Coca-Cola est le mot le plus compris dans le monde. La valeur de la marque Coca-Cola s'estime à 68 000 000$ U.S. c'est-à-dire plus du triple des ventes de la multinationale. Dans plus de 200 pays, les gens calment leur soif quotidiennement selon une probabilité de plus de 1 milliard de fois avec des produits venant de la maison Coca-Cola.

Le 20 juillet 2001, le syndicat colombien "Sinaltrainal" a déposé en Floride (avec l'appui de la "United Steel Workers of America" et aussi du "International Labor Right Fund") une poursuite contre Coca-Cola et ses associés de la Colombie. Cette poursuite affirme que des escadrons de la mort / paramilitaires, ont commis des assassinats, des séquestrations et des tortures contre les membres du syndicat. Ils ont perpétrés ces crimes comme agents directs de la firme. Cinq syndicalistes ont été assassinés et 65 ont été menacés de mort. En totalité, plus de 1800 membres des syndicats ont été assassinés en Colombie ces 10 dernières années.

Le 31 mars 2003, le syndicat a obtenu une victoire partielle: le juge fédéral a admis la poursuite contre les firmes colombiennes qui travaillent pour Coca-Cola (aliments et autres produits), mais pas contre l'association en tant que telle. Au Panama, à l'automne 2002, 8 syndicalistes ont été renvoyés de la firme locale Coca-Cola parce qu'ils demandaient de meilleures conditions de travail. Une grande partie du concentré d'orange élaboré par Coca-Cola (Cappy, Minute Maid) provient du Brésil. Au Brésil, les travailleurs-euses des plantations d'oranges se font payer fréquemment moins de 12 euros par jour.

Ainsi, la majorité se retrouve aux alentours de 1/3, en-dessous du minimum vital à la survie dans cette localité et qui serait nécessaire pour alimenter une famille. C'est pour cela qu'il y a de nombreux cas d'enfants se retrouvant sur le marché du travail. Et à cause de ce phénomène, ils se retrouvent avec des problèmes de santé graves et qui sont permanents. Naturellement, les associations entreprenariales assurent que leurs fournisseurs n'emploient pas d'enfants (Human Right Watch affirme le contraire).

Récemment, la firme a été dénoncée pour sa complicité vis-à-vis l'exploitation infantile au Salvador. Le 8 août 2001, Coca-Cola a été condamnée à payer 192,5 millions aux États-Unis pour discrimination raciale envers des employés afros-américains. Il s'agit du plus gros scandale jamais vécu dans l'histoire des États-Unis. Selon la chaîne britannique BBC, Coca-Cola a contaminé en 2003 de grandes superficies agricoles dans le sud-ouest de l'Inde avec des produits chimiques hautement toxiques et en partie cancérigènes comme le plomb, le cadmium, etc.

De plus, on a reproché à la firme son exagérée consommation d'eau qui a provoqué une sécheresse avec des conséquences catastrophiques pour l'agriculture locale. Dans des manifestations contre cette fameuse multinationale, 300 personnes ont été emprisonnées.

Traduit par:Estebanxis

de www.rebelion.org.

Les banques!!!

"Il est vrai que voler une banque est un crime, mais la fonder est un crime bien plus grand!!!''

Bertolt Brecht

Saddam Hussein pourra-t-il être jugé équitablement?

Deux jours après le transfert de souveraineté à l'Irak, le procès de Saddam Hussein pour crimes contre l'humanité a débuté jeudi.

Le procès est une bonne nouvelle, puisqu'il permettra au peuple irakien de cicatriser leurs plaies, mais on peut cependant se demander si le fait de le juger en Irak peut être une bonne chose, puisque il sera très difficile de lui faire un procès juste et équitable, considérant qu'il n'y a peut-être pas une famille en Irak qui n'a pas été touchée par les crimes de l'ancienne administration irakienne.

N'aurait-il pas mieux valu alors de le faire juger par un tribunal international, semblable à celui qui a eu lieu après la deuxième guerre mondiale alors que les alliés et l'Union Soviétique avaient créé le tribunal de Nuremberg afin de juger les crimes de guerre commis par les Nazis.

Un autre fait à noter, il me semble que je n'ai vu aucun avocat de la défense lors de la comparution de Saddam Hussein. Peut-on alors mettre en doute l'intégrité du tribunal et du système judiciaire irakien?

juillet 01, 2004

République de banane

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Nouvelle d'un étudiant Québécois dans la patrie de San Martin

Suite à la demande de Guillaume, je publie aujourd'hui le compte rendu de son voyage en Argentine, d'ailleurs, Guillaume m'enverra d'autres récits de son voyage dans les prochaines semaines.

Je suis présentement à CÛrdoba, la ville qui a vu grandir le Che. Je m'en vais déjà toutefois parce que j'avais besoin d'un arrêt avant de continuer pour changer le rythme un peu. Ça fait quatre mois que j'étais à Buenos Aires et je m'étais développé une existence très très riche à tout les plans de vue. Sauf au niveau financier toutefois. Mais toutes ces idées, ces relations, ces gens, ce bruit, ces émotions, ces camarades, ces Argentinas... Ça devenait étourdissant. J'ai beaucoup appris et Buenos Aires est fascinante mais je crois bien qu'il faut savoir la quitter avant qu'elle te bouffe...

Buenos Aires est une ville triste, son âme est torturée et ça s'observe constamment. Je me méfiais du tango comme tout étranger qui débarque au Canada devrait se méfier de la police montée, les stéréotypes, mais le tango n'en est pas un. Cette musique, c'est aussi la nostalgie et/ou la souffrance, ma colloc ajouterais la complaisance ce qui ne me parait pas faux, et elle s'applique bien aux Argentins qui travaillent sans relâche sur leur rêve d'être l'Europe en refusant obstinément de s'avouer qu'il s'agit là de quelque chose d'impossible. Tout ça, je dirais que c'est la faute d'une classe plutot aristocrate qui n'est jamais disparue dans ce pays, comme dans la plupart des pays latino-américains j'ai bien peur. Une bourgeoisie comprador qui ne jure que par le mode de vie qu'on trouve au Nord et qui dénigre systèmatiquement ce qui se fait ici. Les classes aisées ne boivent pas de maté ou ils le font en cachette, beaucoup trop criollo pour leur image.

L'image. La supercifialité, voilà le cancer de Buenos Aires à mon avis. Ma vision du français à changée ici à force de voir tant de gens fasciné par cette langue et l'apprendre. Et de fait, beaucoup d'Argentins parlent français (le Québec fait de la pub pour recruter des "cerveaux" ici) et je me suis amusé à dire souvent que l'Argentine est le prochain pays à entrer dans la Francophonie (à moins qu'il y soit déjà?) Il y a des pubs de TV5 dans le subte. Mais affection pour le français n'a rien à voir avec ce que peut-être le français au Canada, c'est le fantasme de parler la langue des aristocrates européens. Les aristocrates argentins vivent à l'époque qu'on trouve lorsqu'on lit du Tolstoï, c'est pas croyable. Et tout ça à tout de même des répercussions sur la quasi totalité de la société.

Rien de plus commun par exemple qu'un chauffeur de taxi qui traite un motocycliste de "Bolivien". Parce qu'évidemment, si on vénére l'Europe, on méprise ou ignore les morenos aux alentours et je vois dans cette attitude un boulet pour le Mercosur.

Kirchner. En effet, les choses avaient très bien commencées pour lui malgré le fait que Duhalde le considérait peut-être un peu comme sa propre marionette . Pourtant, Kirchner se mit à se battre sur tous les fronts avec un appui très grand dans la population toujours traumatisée par l'instabilité de la crise. Cette crise, comme on me l'expliquait dans la Boca, un quartier très pauvre, on ne l'a presque pas ressentie dans les villas (les favelas), parce qu'eux, c'est la décennie Menem qui les as littéralement exclus (voir Memoria de un Saqueo de Solanas) mais bien les crises moyennes et un peu plus élevées qui se sont levées pour récupérer leur argent. Aussitôt fait, ces gens-là se sont remis à rêver à leur avancement personnel. Favorable d'abord à l'intransigeance d'un Kirchner qui le levait dans les crises et était le premier à maitriser plus ou moins la situation, ils s'irritent de plus en plus au contact des manifs de piqueteros que Washington et le FMI se serait mis à dénoncer en plus. Dans les journaux, c'est flagrant, l'ancien combat pour la dignité des Piqueteros est devenu un fléau pour les bons citoyens qui ne peuvent circuler librement.

Une bonne partie de la population s'étant fatiguée du style Kirchner, on s'est mis à voir un jeune coq qui veut se battre avec tout le monde. Le point tournant pour le Président c'est la combinaison ESMA + Bloomberg. La ESMA (école de mécanique de l'armée), c'était un lieu de torture pendant la dictature que Kirchner a transformé en musée durant un acte symbolique très fort et qui aurait touché les cordes sensibles d'une bonne partie de la population, très hostiles aux péronistes et défendant les militaires (et oui, ça existe). Bloomberg, c'est l'offensive. Une réunion monstre devant la Casa Rosada organisée par cet homme, père de Axel Bloomberg, qui a levé un mouvement "pour mettre fin à l'insécurité". Les séquestrations en effet se multipliraient depuis trois ans (qu'est-il arrivé donc, il y a trois ans? est la question que ne se pose pas la droite ici). Les inégalités continuant d'empirer depuis Menem et sa razzia, on se retrouve avec de plus en plus "d'insécurité". Alors, qu'est-ce qu'il demande ce Bloomberg et toute ces pétitions qui circulent à Buenos-aires? Le renforcement des peines de prisons, la multiplication des policiers et de leur pouvoir... La pensée de Bloomberg est immanquablement d'extrême-droite.

Alors depuis, on tire à boulet rouge sur Kirchner qu'on accuse de "garder le silence devant les piqueteros". Kirchner perd de plus en plus d'appui à l'intérieur même du PJ qui devient de plus en plus dur à comprendre pour moi. Les Duhaldistes se battent avec les Kirchneristes pendant que les Menemistes reviennent dans le décor.... Mais j'ai bien peur que Kirchner sois en difficulté.

Je pense que la situation n'est pas très bonne. La seule chose que l'on veut lorsqu'on est jeune ici, c'est de se trouver des racines européennes et demander sa nationalité pour foutre le camp. Combien de fois est-ce que des Argentins se sont adressés à moi avec une intonation qui disait, on le sait, ici, c'est pas comme au Canada, un pays "bien organisé, ici todo es hecho de mierda. Les préjugés négatifs contre tout ce qui est "Industria argentina" n'ont d'égal que le nationalisme, qui me semble une réponse à un manque, justement.

Buenos Aires me ferait penser à un modelo ou une personne très belle qui se construit en fonction de quelque chose qu'elle n'est pas et qu'elle ne sera jamais. Je l'ai trouvé un peu comme une personne si superficielle qu'on la sent très pertubée à l'intérieur. Qu'importe l'intérieur pour elle de toute façon, on mise tout sur l'image dans cette "capital de un imperio que no fue" (Malraux).

Mais la viande, elle est imbattable et ça au moins, ils s'en rendent compte les Argentins. Ils est l'heure justement que j'aille enfoncer encore plus profondément en moi mes vélléités naissantes que j'ai pu avoir de végétarisme, et que je me trouve une bonne parilla pas chère. Je pars à 22h'00 pour Mendoza.

J'aurai peut-être quelques petites choses à ajouter sur les médias ici parce que c'est un peu le thème qui nous a mis en contact.

Guillaume

Contre la bonne parole au sujet du Vénézuéla

Je me permets de publier un excellent texte qui m'a été envoyé par Marie-Ange Druart. Par ailleurs, son texte a été repris par de nombreux médias indépendants en France au cours des derniers jours. Sur ce, bonne lecture et merci à Marie-Ange.

Interrogez le passant de New York ou de New Delhi, de Paris ou de Tokyo sur ce qu'il sait du Vénézuéla, vous aurez partout, la même réponse : "il y a une sorte de fou là-bas, il faudra bien un jour qu'on s'en occupe!".

Trois ans seulement pour que, déclinés ad nauseam et dans toutes les langues, les poncifs deviennent "opinion publique". Une image digne du temps des colonies, construite grâce à l'immense pouvoir que représente la propriété des médias par les grands groupes économiques. Tellement écrasante que le peu de médias restés indépendants finissent par s'y rallier, de peur de heurter leurs lecteurs.

Rien qu'un "ex-putschiste", donc, celui qu'ont conforté sept scrutins successifs en cinq ans, tous validés par les observateurs internationaux, et qui a introduit dans la Constitution le référendum révocatoire à mi-mandat qu'il vient d'accepter ?

"Futur Castro", celui qui, en cinq ans et malgré un coup d'État médiatique, n'a fait fermer aucun journal, n'a fait emprisonner aucun journaliste, n'a censuré aucun article ? "Populiste", ce chef d'État qui tient ses promesses (contrairement à un Lula) ?

La suppression des correspondants étrangers, la dépendance commerciale d'une poignée d'agences de presse, l'embourgeoisement et l'inculture historique des écoles de communication, l'évitement par la plupart des journalistes des quartiers où vivent 80% des Vénézuéliens, l'abdication face au besoin de garder sa place, permettent de faire croire n'importe quoi à n'importe qui.

Faudra-t-il, dans quelques années, entendre des historiens nous raconter, entre deux soupirs, que le seul gouvernement qui avait osé bouter Monsanto et son maïs transgénique hors de son territoire, qui était admiré pour sa réforme agraire par le MST et la Via Campesina, tomba finalement sous l'action conjuguée de la Maison Blanche et des grands médias internationaux ?

"Oui mais comment faire confiance, vient d'écrire Charlie-Hebdo, à quelqu'un qui cite, pêle-mêle, Mao, Jésus, et Nietzche dans ses discours ?" La même phrase fut publiée dans Libération, le 7 décembre 2002. L'intemporalité de l'argument en dit long sur la volonté d'enquêter.

Pourquoi ne pas expliquer les raisons pour lesquelles, malgré l'opposition de l'Église catholique, des partis de droite, du quasi monopole de la télé, radio et presse privées, de l'élite patronale, de la CIA et du Département d'État, comment expliquer qu'Hugo Chavez soit toujours là? Pourquoi occulter ces millions de Vénézuéliens aux mains nues qui ont déjoué le putsch médiatique d'avril 2002 et ont réussi, en 48 heures - première historique - à remettre au pouvoir un président élu? Pourquoi ne jamais évoquer la mise en place du budget participatif et de coopératives d'économie solidaire, du droit des communautés indigènes à disposer de leurs territoires, des avancées des droits de la femme, des programmes sociaux gigantesques financés par un pétrole redevenu souverain et qui permettent à des millions de Vénézuéliens d'accéder aux modules de santé publique, aux bancs de l'éducation publique, aux documentaires latino-américains de la télévision publique, à la propriété de la terre urbaine et rurale?

Pourquoi passer sous silence la mobilisation de tout ce que l'Amérique Latine compte de mouvements sociaux, les Sans Terres du Brésil, CONAIE et CLOC indigènes, d'Équateur, de Bolivie, du Guatemala, Piqueteros et Mères de la Place de Mai, en faveur du changement en cours au Vénézuéla ?

Pourquoi ce besoin compulsif des ex-journaux de gauche d'assimiler toute contestation de l'ordre néo-libéral par un gouvernement, à du stalinisme en puissance? Qu'est-ce qui oblige Charlie Hebdo à répéter ce que j'ai déjà lu hier dans le Monde ou dans Libé, ce que je vois aujourd'hui au 20 heures sur TF1 et ce que me répétera demain la chronique économique de Jean Marc Sylvestre sur France Inter?

Si l'amélioration concrète de la vie de millions de Vénézuéliens, (aisément vérifiable sur le terrain), vaut moins que l'opinion d'une poignée d'intellectuels médiatiques, qu'attendre encore pour confier la gestion de l'actu à Seguela et Messier?

Nous avons pu, pour notre part, séjourner au Vénézuéla. Pour observer d'abord l'étau des médias privés. En 2002, ceux-ci célébrèrent sur un ton jubilatoire le décret des militaires renversant Hugo Chavez, dissolvant le Parlement, abolissant la Constitution, le Défenseur du peuple, et autres institutions démocratiques.

Leurs "journalistes" menèrent la chasse aux opposants en direct, sur un ton haletant, en compagnie de la police politique, tout en imposant le black-out sur la résistance croissante de la population civile. Cible privilégiée, les médias associatifs furent persécutés, certains de leurs membres arrêtés...

Ce quasi monopole des médias privés vénézuéliens, source principale de "Reporters Sans Frontières" et de la "presse de France", se déclare constamment victime de Chavez. Il ne recule pas devant les auto-attentats pour nourrir une image mondiale répétitive · souhait. A sa tête: Gustavo Cisneros, le Murdoch latino, ami personnel de George Bush, qui se rêve déjà en futur président du Vénézuéla.

Nous avons observé le boom impressionnant du Tiers Secteur Audiovisuel. En 2003 et 2004, 120 radios et télés associatives, fabriquées par les habitants des quartiers populaires sont passées de la clandestinité à la légalité, grâce à l'élection de Hugo Chavez. On en attend 200 pour la fin de l'année, des medias qui disposent d'une fréquence 24 heures sur 24, pour un terme de cinq ans, renouvelable, à la condition de former les habitants au maniement de l'image et du son.

Est-ce le signe d'un affaiblissement de la démocratie? Une loi demandera bientôt aux télévisions publiques et privées de s'ouvrir à la production indépendante, asphyxiée par le monopole médiatique. Le cinéaste argentin Solanas et l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano, qu'on ne peut suspecter de naïveté en matière de Droits de l'Homme, ont témoigné de "l'incroyable liberté d'expression en vigueur au Vénézuéla".

Le genre d'information que l'on ne lira plus, semble-t-il, dans Charlie Hebdo, soudain pressé de recopier la bonne parole sur le Vénézuéla.

Encore dans la marde!?

Eh oui, notre brave premier ministre Paul Martin, oui, oui, la victime du scandale des commandites!!

Eh oui, notre brave premier ministre Paul Martin, oui, oui, la victime du scandale des commandites!!

Celui qui ne savait pas ce qui s'était passé avec son 800 millions ... Eh bien, figurez-vous qu'il est encore dans la marde! On vient de découvrir sur un de ses navires 83 kilos de cocaïne... Pauvre lui! Il ne devait sûrement pas être au courant!! Comment autant de malchance peut s'acharner sur un brave type comme lui!!

http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/1,63,0,072004,725447.shtml

La pub et ses valeurs

J'ai voulu écrire sur ce sujet qui m'intéresse énormément quant à l'utilité et le pouvoir colossal qu'on lui confère socialement pour y véhiculer des valeurs qui m'apparaissent extrêmement nocives pour l'esprit humain. J'ai souvent été témoin de publicités qui échappent totalement à ma logique et ma raison comme cette fameuse pub de Stella Artois où l'on voit des soldats tout amochés, entourés de gazes autour de la tête, tout maigres, tout sales revenant de la guerre et où l'on suppose, comme une équation mathématique qui se résoud d'elle-même dans notre tête comme valeur sociale, que devant une calamité aussi absurde que la guerre, il devrait y avoir un esprit de fraternité, de compréhension et de partage; mais que tout au contraire on constate un égoïsme effarant du fait que le tavernier, père d'un des soldats, n'offre de la bière qu'à son fils et que les autres, attendant d'être à leur tour servis, ne peuvent jouir de cette bière "de marque" à cause de cette attitude mesquine dont fait preuve le tavernier qui obstrue le boyaux du baril de bière avec son pied faisant croire qu'il n'y en a plus assez pour tout le monde.

Ou bien cette publicité de McCain qui montre un petit garçon avec des lunettes en fond de bouteille en train de se taper une portion de frites graisseuses. Dites-moi comment cela se fait-il que les sociétés sont capables de mettre sur pied une machine bureaucratique aussi efficace et systématique quand il s'agit de condamner la pédophilie; mais pas quand on permet à ces puissantes corporations comme McDonald, McCain, Burger King, Harvey's, etc. de propager des habitudes alimentaires qui visent à intoxiquer une population? Le subterfuge psychologique utilisé dans cette pub pour vendre ces frites génétiquement modifiées, montre clairement quelle couche et tranche d'âge de la population est visée. Le classique petit garçon aliéné par une sous culture yankee, qui durant toute son enfance a été alimenté de purées Heinz, d'hamburgers, de pogos ketchup-relish-moutarde et qui a des parents, avec à peu près le même niveau de sous culture qu'ont exercés tant d'années de télé et d'endoctrinement corporatifs, qui lui achètent tous les jouets qu'il désire comme: des fusils en plastique, des Spiderman aux mains collantes, des Transformers, des Barbies pour les filles, etc. et qu'en grandissant, comme on lui a tout concédé en ignorant qu'on l'intoxiquait et l'armait de valeurs d'insécurités et d'un sens profond de la propriété privée qui à elle toute seule engendre l'égoïsme et une ramification d'attitudes sociales nécessaires au bon fonctionnement d'une société de consommation, il devient un individu stressé, qui souffre de dépressions et de "burn-out", avec une carence totale d'affection et d'amour et qui se traduit en obsession sexuelle schizoïde.

Qui donc avec ces conditions sociales et humaines peut lutter pour un monde meilleur? Qui donc a le temps de s'intéresser à la politique, comme le mentionnait Noam Chomsky, quand des mécanismes sociaux puissant sont mis en place d'une telle forme qu'on a plus vraiment le temps de s'impliquer socialement, car le coût de la vie monte, mais les salaires restent les mêmes, donc il faut travailler plus et penser moins?

Il importe énormément qu'il y ait des gens préparés politiquement; qu'il y ait une lignée capable de créer de nouveaux paradigmes pour contrer l'idéologie dominante. Parce qu'il y a une forte tendance politique, du moins en Amérique du Nord, à s'attribuer l'étiquette "de gauche" sans même savoir ce que cela implique être vraiment "de gauche". Ce concept s'est complètement dénaturé ces quinze dernières années. Maintenant, n'importe qui dit: "amélioration de la santé, de l'éducation et baisse d'impôts" s'accapare de l'étiquette et prend le pouvoir.

Il faut quand même savoir déceler les charlatans démagogues qui manipulent ces concepts de ceux qui les prônent vraiment dans un but de concrétisation. Ne me dite pas svp que le Parti Québécois était "de gauche" ou le Bloc Québécois "de gauche" ou le NPD (pour Libéral et Conservateur on n'a même pas besoin d'en parler). Tous ces partis ne réussissent à être populaires que parce qu'ils ne font que respecter des constitutions déjà en place par une idéologie dominante et jouent tous à peu près avec les mêmes règles du jeu! Tout l'endoctrinement publicitaire,comme je l'expliquais au début, qui véhicule des valeurs clés pour le bon fonctionnement d'une société de consommation, y contribue fortement aussi.

Il faut donc faire un nette nuance entre "gauche" à la nord-américaine et "gauche" avec les vraies transformations que cela implique. Beaucoup ont peur du changement radical; d'une nouvelle sorte de société où la participation populaire serait présente, le soutien, l'entraide, le respect de l'environnement; où l'offre et la demande ne serait pas cette logique tributaire qui y règne comme c'est le cas aujourd'hui. Bref, avec le bombardements quotidien des moyens de communications sur les valeurs esthétiques à suivre et les moeurs à tenir pour ne pas troubler l'ordre social, on sent une peur, un désintérêt politique une couardise face aux autorités.

Ne serait-ce pas ce gène historique qui persiste dans les Québécois, ce conditionnement Pavlovien où l'on ne fait que dire "Aïe! C'est pas légal" ou bien "T'as pas l'droit" et tous les siècles de peuple colonisé refont surface et on se remet sur ledit "droit chemin" qu'on nous a imposé depuis notre tendre enfance??!!!